A partir du propos de Daniel Marguerat à la p.258 sur le baptême, à Grenoble, nous avons élargi la réflexion aux sacrements en insistant sur l’idée que le sacrement n’était pas un rite magique mais reposait dans la confiance en l’action de Dieu, qui conditionne la possibilité qu’une telle action puisse se déployer. Au sujet du baptême, DM parle de « renoncement à exister autrement que par la grâce de Dieu » : comment interpréter concrètement cette affirmation radicale de Paul ?
Créé par : Claude Laval
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Merci de cette question sur…
Merci de cette question sur le baptême et le "rite baptismal". Je ne suis pas sûre qu'il soit juste de parler, comme le fait DM, de "rite baptismal", car Paul ne parle jamais du baptême en termes de rite. Il en parle certes avec le verbe "baptiser" qui évoque les rites d'eau de certains groupes juifs, mais pour lui, en Rm 6, le baptême est une aventure, un plongeon qui couvre toute la vie du chrétien (et si on veut filer la métaphore, une plongée dans la vie et la mort du Christ, pour émerger avec lui dans la résurrection !).
Là je rejoins DM, et je suis d'accord avec cette expression un peu radicale (très "protestante" !) : "un renoncement à exister autrement que par la grâce de Dieu" ; en fait un renoncement à être soi-même l'auteur de sa propre réussite, de sa propre vie, de son propre salut ! Tout recevoir de Dieu comme un don à faire fructifier (1 Co 4, 7 : "Qu'as-tu que tu n'aies reçu ?".
Je crois qu'il faut ajouter avec Paul (et c'est mon ajout de "catholique) : la grâce dont j'ai la charge qu'elle fasse grandir chaque être humain dans le respect et l'amour mutuel. Car Paul n'oublie jamais la partie "parénétique" (d'exhortation) dans ses lettres où il demande instamment aux chrétiens d'essayer de vivre selon la grâce reçue et qu'ils ne cessent de recevoir (lisez par exemple Romains 12, 1-2).
Et c'est ce chemin au quotidien qui est le déploiement du baptême chrétien, sous la grâce et en pleine responsabilité... jusqu'à la rencontre finale.