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Contexte historique

Voici deux questions à propos du contexte historique :
1) DM considère le mouvement de la gnose seulement à partir du IIe siècle ? (p.122). D'autres auteurs suggèrent que la gnose a commencé beaucoup plus tôt, dès le Ier siècle avant notre ère, en confrontation avec le judaïsme et qu'elle a ensuite "accompagné" le christianisme naissant. Quel est votre point de vue ?
2) L’égalité prônée par Paul en Ga 3,28 diffère des valeurs sociétales hiérarchiques : DM propose l'idée que la position de Paul est la conséquence du message de la croix (p.142). N’est-ce pas plutôt (ou également) une valeur héritée du stoïcisme, que Paul connaissait bien ?

Créé par : Claude Laval

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

mer 18/12/2024 - 15:01

Permalien

J'avoue que je ne suis pas totalement à l'aise pour répondre à votre première question. Mais tout de même, les systèmes gnostiques constitués  (Valentin, Basilide etc..) nous sont connus par Irénée de Lyon(175) et Hippolyte de Rome (200), et il est clair que de tels systèmes ont été élaborés au cours du 2ème s. avec des influences orientales mais aussi des emprunts à l'angélologie juive (et à ses hiérarchies) qui se développe vers la fin du 1er siècle, Ephésiens en est témoin. 
Evidemment, ces systèmes religieux, (comme celui de Marcion vers 140 très clairement en opposition avec les premiers écrits chrétiens) ne naissent pas spontanément et reposent sur des courants d'idées, notamment dualistes déjà présents dans les siècles précédents, mais à l'état de trace. On  pu parler d'une pré-gnose à Corinthe (je n'y crois pas, je vous ai exposé dans la feuille de route les raisons très grecques de la déformation du message de Paul à Corinthe), plutôt d'un "enthousiasme", et il est clair que Jean est influencé (comme Qumrân) par ces courants dualistes venus d'Asie, le prologue en témoigne. Mais il ne s'agit pas encore de gnoses au sens de religions constituées.


Je suis plus à l'aise pour répondre à votre seconde question : je suis entièrement d'accord avec D. Marguerat sur le fait que le bouleversement complet de toutes les hiérarchies sociales chez Paul (ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni masculin et féminin) est la conséquence immédiate de sa compréhension de la Croix ("la Parole de la croix, scandale et folie"). 
Certes à la même époque que Paul, le stoïcien Sénèque découvre que l'esclave est un homme (au motif d'ailleurs qu'au sortir d'une bataille le Romain vaincu pouvait devenir esclave), mais Sénèque n'a fondé aucune société parallèle, il a probablement bien traité ses esclaves, mais ne les a pas libérés.
Or Paul met en oeuvre dans les communautés chrétiennes l'égalité née de la croix : les femmes sont chefs d'Eglises (Chloè, Phoibè, Prisca etc.), elles prophétisent et prient (1 Co 11), l'esclave Onésime doit devenir un frère dans la chair (un homme libre). Paul n'a pas changé la société de son temps (cette idée même n'a aucun sens, relisons l'histoire de Spartacus), mais il a fondé de minuscules contre sociétés où l'égalité était réelle. Au point que quelques décennies plus tard, l'auteur de 1 Timothée (qui se réclame de Paul) devra faire marche arrière toute ("que les esclaves qui ont des maîtres croyants ne les méprisent pas, car ce sont des frères") ; l

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