J'ai une question, sans doute puérile : comment les chrétiens s'imaginent-ils ce qu'est la vie après la mort autrement dit le royaume de Dieu (ou royaume des cieux) ?
La venue du Christ il y a 2000 ans inaugurent l'instauration du royaume de Dieu.
Pour l'instant, on n'en voit pas vraiment la couleur. Il y a, comme il y a toujours eu, des gens qui s'en sortent et d'autres qui souffrent et qui meurent prématurément.
Le 20è siècle a été l'apogée de la violence et le 21è commence mal.
Le mal qu'on peut faire est à la hauteur du bien qu'on essaie de faire.
Bref, c'est comment là-haut ? L’Église ne s'engage pas sur ce chemin délicat.
L'éternité suppose une abolition du temps ; c'est déjà difficile à concevoir.
Quant à l'espace ? Y a-t-il aussi une abolition de l'espace ?
Devenons-nous pure énergie gardant notre apparence humaine ?
Personnellement, j'imagine une interpénétration du monde sensible et du monde spirituel.
Je la compare avec les ondes radio. Quand je règle mon poste sur une longueur d'onde, je suis dans un monde. Quand je change de fréquence, je suis dans un autre monde.
Comme les ondes, ces mondes s'interpénètrent mais ne se mélangent pas.
Quelle est votre approche à ce sujet, sujet qui est sans doute venu à l'esprit de chacun de nous ?
Créé par : Philippe Richon (Châlons en Champagne)
Date de création :
Merci de cette question qu…
Merci de cette question qu'il est courageux d'avoir posé, car beaucoup s'en tourmente sans oser le dire. Et puis les représentations traditionnelles des portails des cathédrales (voir Conques par exemple), avec les bienheureux d'un côté et les damnés torturés de l'autre sont tout sauf exaltantes.
Mais je vous répondrai en invoquant une fois de plus le secours de Paul. Car bien avant vous et très tôt (le début des années 50) les Corinthiens se posaient la question : "comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps vont-ils ? " (1 Co 15, 35). La réponse est ferme et cinglante : "insensé" ! On peut traduire aussi "absurde" ou "privé de bon sens" ! La question n'a pas de réponse, et Paul le dit clairement, nous n'avons pas les moyens humains d'y répondre.
Ensuite, Paul, qui est un pasteur, passe une page entière à essayer des analogies, en ayant bien soin de n'être jamais figuratif et surtout jamais cohérent ! Que personne ne s'y trompe, ce ne sont que des comparaisons lointaines...
Il pose d'abord le fait que la graine ne donne aucune idée de ce que sera l'arbre, et chacun est différent. Et cela est vrai dans le domaine animal, comme dans le domaine cosmique.
Il y a des corps terrestres et des corps célestes (et l'époque de Paul n'y voyait aucune ressemblance !), etc.
Paul cependant va un peu plus loin : il veut affirmer une sorte de continuité dans le passage de la vie mortelle à la résurrection au-delà de la rupture de la mort ; c'est un même être, une même personne qui ressuscitera - autrement. Il appelle cette continuité "corps", et affirme : on meurt corps animé d'un souffle de vie et corruptible, on ressuscite corps spirituel incorruptible. Le corps est bien support du même, mais qui saura dessiner un "corps spirituel" ou "un corps-esprit". Ensuite Paul reprend les schèmes apocalyptiques de la transformation, du passage du corruptible à l'incorruptible : ce qui est mortel revêtira l'incorruptibilité !
Nous voilà bien avancés !
La leçon pour moi est claire : il n'y a pas de représentation possible, et tout ce qui relève de notre imagination est inutile, car toute image est impossible, "insensée".
Nous ne pouvons que "croire et espérer" ! Et nous interroger sur ce que signifie pour nous la foi en la résurrection de Jésus.
Jésus ressuscité n'est pas venu nous raconter ce qui se passait auprès du Père, mais nous inciter urgemment à aimer et à annoncer au monde la bénédiction et la paix de Dieu ; la vie éternelle, selon l'évangile de Jean, commence dès maintenant : dans un amour qui donne son souffle de vie pour les autres !
Il y a urgence à annoncer la Bonne nouvelle, urgence à être des semeurs de foi et d'espérance, urgence à aimer toujours plus, avons-nous vraiment besoin de savoir ce qu'il en sera de notre passage en Dieu, dans un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, voire espérer ?