Commentaires
Mais je crois que D…
Mais je crois que D. Marguerat n'est pas clair. Il ne défend absolument pas la lecture rabbinique, il la constate.
De fait, bien plus machistes que les chrétiens (en tout cas les premiers), les rabbins liront ce verset comme une création par Dieu de l'homme mâle d'abord. Le judaïsme a toujours été jusqu'au 20ème siècle fondamentalement patriarcal !
Ce qui est possible, c'est que DM pense que cette lecture rabbinique était déjà la lecture "officielle" à l'époque où Paul écrit, et je le crois volontiers. Or, dit-il, Paul ici commence par s'appuyer sur la lecture traditionnelle de sa jeunesse juive, qui devait d'ailleurs convenir parfaitement aux Grecs ! Et malgré cela, ou même à cause de cela, et en partant aussi des habitudes les plus conventionnelles et stupides qui soient (v.6. 7. 8), il confirme que les femmes ont autorité pour prophétiser et mener la prière dans l'assemblée : à condition qu'elles aient un voile. On dirait aujourd'hui, qu'elles ne distribuent pas la communion en maillot de bain !
Ensuite il revient à ses fondamentaux, v. 11 et 12.
visiteur
j ai relu au moins 4 fois les explications de D.Marguerat sur les paroles de Paul concernant sur le voile et le silence des femmes en assemblées de croyants...Peine perdue...Je n adhère pas...et pour pardonner a Paul , je me dis simplement que débordé par la situation il a paniqué, manque de courage pour défendre, malgré le bazar, son idée géniale d Egalite pour tous par le baptême et qu' il a baisse les bras malgré lui pour éviter que tout ne degenere...et sans oublier que par ses origines juives il devait ,avant sa conversion ,adhérer a ce principe de soumission sans problèmes...Ne dit on pas "chassez le naturel , il revient au galop"? sacré Paul! Si attachant quand même ...
Certes, vous avez raison de…
Certes, vous avez raison de ne pas adhérer ! Car nous ne sommes plus en l'an 53 après J. C. (même si certains s'y croient encore). Simplement vous voyez bien qu'il y a plusieurs façons d'approcher ces textes de Paul.
La façon traditionnelle qui plaque sur notre situation du 21ème s. les phrases lues sans distanciation critique : "que les femmes se taisent dans l'assemblée" ; et il ne faudrait pas en se révoltant contre une telle lecture cautionner l'aberration de la méthode qui est littéraliste et fondamentaliste. Cette lecture n'a aucune pertinence. Elle ne mérite pas qu'on s'irrite contre elle.
Une façon plus historienne et critique, qui consiste à remettre les textes dans leur contexte, et à voir que Paul essaie au contraire de faire une place plus qu'inattendue à son époque aux femmes dans la communauté chrétienne.
Les femmes juives n'avaient aucun autre lieu que la maison pour prier et parler ; les femmes grecques étaient gardiennes d'une religion du foyer. Dans l'assemblée, elles n'étaient même pas présentes, je vous rappelle que l'ekklèsia (l'assemblée du peuple, qui légifère et ostracise) est l'assemblée des mâles libres ! Une fois par an, lors des fêtes de Dionysos et de ses Ménades, elles pouvaient sortir en hurlant et en agitant chevelures et sistres pour fêter le dieu, histoire de lâcher un peu de pression par cette soupape ! Paul donne à ces femmes une place d'honneur dans l'Eglise (ekklèsia), elles prient et prophétisent comme les hommes. A condition d'avoir un voile sur la tête, ou en tout cas d'être suffisamment coiffée pour ne pas passer pour des Ménades furieuse !
Il a du mal à argumenter, certainement, et il se contredit bravement... Mais nous, quand nous essayons d'argumenter dans l'Eglise catholique romaine, cela donne quoi ?
Restent les fameux versets de 1 Corinthiens 14, 33-34, où Paul dénonce tous les cas de désordre dans l'assemblée corinthienne, ils étaient nombreux, et les femmes étaient peut-être particulièrement bruyantes ! L'argument qu'il emploie est plus que daté, conforme à la société grecque la plus patriarcale... quand Paul est trop irrité, il dérape...
Qui le lui reprochera ?
l'égalité n'exige pas l'uniformité
Je suis surtout sensible aux arguments avancés par DM p 151 sur le fait que Paul lutte contre l'indifférenciation (question de notre société) et qu'il régule la conduite de la femme ET de l'homme : on s'en tient souvent à la première .
Vous avez raison ! La…
Vous avez raison ! La plupart des cultures se sont beaucoup penchées sur la conduite de la femme, comme propriété de son mari d'ailleurs pour faire écho à votre question sur la propriété),, voire comme honneur de son mari (!!!), et jamais sur la conduite des maris ! Quand on est en situation de force et de domination, on n'est pas très porté sur l'auto-critique, hélas !
Interprétation de Gn 1,27
Merci pour cette réponse. Pourtant DM cite Gn 1,26-27 à la p.148 en affirmant que ce verset, "dans sa lecture rabbinique, restreint l'image de Dieu au seul mâle". C'est étonnant puisque ce verset précise justement que Dieu crée l'humain, "mâle et femelle", ce qui exclut, de mon point de vue toute interprétation hiérarchique de type "femme-homme-Dieu" (pour reprendre les mots de DM, en omettant le Christ dans cette échelle, puisqu'il n'en est pas question dans ce verset).
Finalement, il y a bien un argument biblique, sinon théologique, et il est clairement un contre-sens du texte cité !? A moins que je ne comprenne pas la logique de Paul ... ?