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Commentaires

Posté par Roselyne

ven 15/12/2023 - 12:50

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Bonjour,
Merci de ces remarques qui nous forcent à clarifier (un peu ?) les choses, pour autant que nous avons des connaissances sûres.
D’abord sur la question du « mariage ». Il ne faut pas que nous plaquions la forme de nos institutions civiles sur une époque qui est, au mieux pour l’écriture du récit, le 6ème siècle avant J.C,. et qui visiblement s’appuie sur le droit néo assyrien (dernier roi  Assurbanipal en 612 av. JC.)/


Le texte hébreu est d’une incroyable sobriété : « va donc vers ma servante » (v.2), « pour la donner à son homme (ish) Abram, comme femme (isha). "Homme/femme" comme en Genèse 2, 23.  Faut-il traduire cela en termes de « mariage » ? L’Eglise s’est appuyée sur Genèse 2, 23 pour édifier sa conception du mariage, or, nous voyons là à quel point un tel texte peut recouvrir des réalités différentes ! C'est aberrant, d'en faire du normatif pour le reste des temps !
Clairement, Saraï donne Agar pour femme à Abram en sorte qu’elle ait un fils, qu’elle, Saraï, adoptera.
Agar restera une esclave ; elle restera aussi la mère d’Ismaël, et partant la mère du premier fils d’Abram. Est-elle pour autant définitivement sa « femme » ?
On dirait aujourd’hui « concubine ». Le couple socialement stable reste celui d’Abram et de Saraï ; mais rien n’empêche qu’ Abram ait eu d’autres femmes. Il en aura une autre, Qetoura, après la mort de Sarah (25, 1 «il prit pour femme » isha), et un nombre indéterminé de « concubines » (25, 6) ; c’est alors le mot « concubine » qui est employé !

Quant au désir de Saraï d’être « construite »/"par un fils", là encore, je pense qu’il ne faut pas faire d’anachronisme.
Il est évident (et nous en sommes encore là dans tant de pays et de cutures !) que la femme n’était reconnue et honorée par son époux d’abord, socialement ensuite, que si elle avait un fils. Avec de belles exceptions (voyez 1 Samuel 1, 8).
A l’époque de Jésus, en Judée une femme juive n’ayant pas de fils était pour ce motif très facilement répudiée. Cela peut nous révolter, mais j’en connais ! !
Et j’ai tendance à penser comme vous, qu'en agissant ainsi, Saraï allait du côté de la vie… et croyait peut-être accomplir la promesse de Dieu !
Que ses motivations aient été ambiguës, cela paraît évident, mais qui la condamnerait à cause de cela ?
Comme vous le dites d'ailleurs, Abram non seulement se laisser faire, mais au chapitre 17 reconnaît Ismaël comme son héritier, et le circoncit avec lui !

 Ensuite jalousie et incohérence de la part de Saraï, c’est humain, bien humain, moins acceptable, certes….

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