Commentaires
Vous soulevez plein de…
Vous soulevez plein de questions, et je vais juste en rajouter : faut-il voir pour croire ? Croire n'est -ce pas une façon de "voir l'invisible" ?
Faut-il toucher pour croire ? A priori, non, mais je serais plus prudente que vous sur les récits johanniques de rencontre du Ressuscité avec Marie-Madeleine et Thomas ! La traduction latine du Noli me tangere est catastrophique, le grec ne dit pas cela, mais "ne me retiens pas", "cesse de me retenir", et le récit ne dit pas ce que Thomas a fait ou n'a pas fait.
Autrement dit, et là, je vous rejoins, dans tous les cas, il faut croire au-delà du visible, même lorsqu'on voit....
Le désir du psalmiste est constant : "montre nous ta face, ne nous cache pas ta face" ! Mais où a-t-il vu la face de Dieu, sinon au-delà du visible et à travers lui ?
Peut-être faut-il mieux regarder le visible....mieux le toucher ou le toucher et le regarder autrement...
Les visions (suite)
(suite de la part du groupe de Bergerac)
Mais il y a encore une autre dimension que nous avons touchée, à propos de ces “visions”.
En distinguant vivion et apparition : Ce que nous voyons, n’est pas forcément ce qui nous apparaît .Dans le premier cas, on est en pleine subjectivité ; dans l’autre cas il y a une apparence d’objectivité. Le poète ajouterait, que pour voir les apparitions, il faut être amoureux, i.e. en état de désir, i.e.encore, en manque et… s’en apercevoir. Mais il y a autre chose : dans la vision, l’objet qu’on voit reste extérieur à notre prise . Nous n’avons aucun moyen de l’assimiler et c’est pourquoi Abram, en effet, reste inquiet, assez peu réactif ( avez-vous dit vous même). Il faudrait pouvoir toucher ( se rappeler, ici le noli me tangere de Jésus à la Madeleine : il s’agit pour le ressuscité de ne pas se laisser accaparer par le “monde”). Ici au contraire, Yahvé invite Abram à prendre en charge, s’approprier la terre qu’il lui promet. : “debout, parcours en long et en large..”, ce que Abram ne fait pas d’ailleurs, pas plus que Thomas n’a touché les cicatrices ouvertes du crucifié, quand Jésus le lui a proposé. Il y faudra une instance différente : entendre, sans doute, et croire, ( voir et croire, un duo très johannique mesurer la différence entre : voyons voir et écoutez voir). Finalement c’est cet appel à la confiance auquel répondra Abram et ce lui fut compté à justice ( pour en rester aux interprétations que vous retenez, en même temps que A. Wénin) .