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Identité ouverte ou fermée ?

Pour plusieurs membres du groupe grenoblois, depuis quelques dizaines d’années, l'Église apparaît vouloir réaffirmer son identité chrétienne (ou catholique romaine) – en particulier dans la liturgie. Ce faisant, elle renforce un certain « particularisme » ou, dans les mots de DM (p.223), une "identité fermée" alors que sous l’impulsion de Paul, le christianisme s’était affranchi du particularisme juif. Qu’en pensez-vous ?

Créé par : Claude Laval

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

mer 12/03/2025 - 22:17

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Vous avez entièrement raison sur le constat : l’Eglise catholique romaine tente de réaffirmer son identité dans la liturgie. Et notamment avec des modifications de l’ordinaire de la messe, calquées sur le latin de l’ancien missel romain, qui, comme à vous, me semble terriblement rétrécissantes : l’inflation du mot « sacrifice », le « consubstantiel » etc , le « mon sacrifice qui est aussi le vôtre » « les noces de l’agneau »  etc . Une langue de bois qui centre l’Eglise sur elle-même, alors qu’elle doit toujours se décentrer pour se mettre au service du monde !
C’était le vœu de Jean-Paul II à la fin de sa vie, et au bout d’une quinzaine d’années, il a été mis en œuvre, hélas.
Comment réagir ?
Pour ma part, j’essaie d’abord de comprendre : on voit bien que l’affaiblissement  des repères liturgiques et des pratiques rituelles figées à laquelle ma génération a participé, les trouvant trop « identité fermée », n’a pas favorisé la pratique des générations suivantes.  Qui ont d’abord largement fui les Eglises.
C’est triste à dire, mais on voit bien aussi que c’est l’observance rigoureuse du Ramadan par leurs condisciples au lycée ou à la faculté qui ramène en foule les jeunes à la cérémonie des Cendres et au Carême.
Il faut affronter ce phénomène, accepter d’y voir un renouveau, et s’en réjouir… 
Mais il faut aussi ne pas le laisser se perdre dans un ritualisme étroit et sectaire, excluant aisément « les autres ».
 Il me semble qu’il faut accompagner ce mouvement en donnant du sens à ces pratiques, en les nourrissant d’un enseignement sur la foi…. Autrement dit remplir tout cela de la vie, la mort et la résurrection de Jésus, du don inconditionnel de l’amour de Dieu pour tous, de lecture et méditation de l’Evangile…loin de tout moralisme.
Et je pense avec vous que les modifications liturgiques récentes ne favorisent pas du tout ce que je ressens comme une exigence.
Autrement dit, comment répondre au besoin profondément humain de rites, de signes qui identifient et rassemblent, sans être dans une démarche d’identité fermée ? 
C’est peut-être là qu’il faut imaginer et que nous sommes renvoyés à notre manque d’imagination…. Mais il y a à faire et à proposer…
Tout en rappelant aussi qu’il y a diversité de rites possibles, et que cette diversité est richesse et non appauvrissement, que le seul appauvrissement est l’exclusion ou le mépris des autres….
N’y cédons pas !

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