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Chapitre 24, conclusions

Genèse 24 : 

Comme vous l’avez indiqué, on ne peut que remarquer l’ellipse narrative concernant Isaac, depuis que son père l’a délié sur l’autel et a offert un bélier en sacrifice à sa place (Gn 22,13). La narration reste centrée sur Abraham et ses responsabilités en tant que veuf et père : trouver un champ pour enterrer dignement Sarah et une épouse pour son fils Isaac. Mais les décisions qu’il prend ne relèvent pas de l’arbitraire et sont nourries de sa relation à YHWH. « Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a fait quitter la maison de mon père et mon pays d’origine. Il m’a parlé et m’a juré de donner ce pays-ci à mes descendants. Il enverra son ange devant toi pour que tu puisses ramener de là-bas une femme pour mon fils » (Gn 24, 7). 

Cette relation à Dieu est un véritable « compagnonnage ». Cela peut nous faire penser au passage de Matthieu 19, 26 : « auprès de Dieu tout est possible ». En grec, c’est exprimé par la préposition para + datif, qu’on retrouve en Luc 18, 27 : « les choses impossibles auprès des hommes sont possibles auprès de Dieu ». Ce n’est pas l’évocation d’un Dieu dans sa toute-puissance mais d’un cheminement « auprès de Dieu », d’une « incessante interaction entre YHWH et Abraham, comme le dit Wénin, ce qui suppose une écoute libre, un « partenariat », un dialogue, et les initiatives viennent tantôt de l’un, tantôt de l’autre. 

Catherine Chalier précise pourquoi Isaac ne saurait retourner au pays de ses origines. « La temporalité en jeu dans la Torah – celle qui fait passer d’une génération à une autre – suit le fil de l’irréversibilité. La mise en garde contre une nostalgie qui effacerait l’écoute du « va vers toi-même » abrahamique au profit d’un « retourne au point de départ qui effacera l’histoire qui a commencé pour tes pères » s’impose donc. Le rapport à la terre en constitue le point central. (Il nous créa à son image, p 222).

Isaac n’a pas son mot à dire pour le choix de son épouse. Par le mariage « il se consola de sa mère » : les interprétations psychanalytiques seraient assez sévères ! Mais comme vous l’indiquez, ce peut-être aussi tout simplement une réaction humaine…

Le personnage du serviteur est particulièrement touchant. Il se met entièrement au service du projet de son maître et du dessein de Dieu. En choisissant la future épouse d’Isaac selon le critère de l’hospitalité il nous rappelle que c’est par des actes concrets auprès de ceux qui en ont besoin qu’on sert Dieu.

Rébecca a du caractère ! Elle sait prendre des décisions rapides. Elle veut faire sa vie, elle « va vers elle » !

Votre réflexion sur l’endogamie d’Abraham nous semble très juste. Les commentaires rabbiniques rappellent que l’élection du peuple juif le met à part (son identité est distincte, la future épouse d’Isaac ne saurait venir d’un autre clan) mais cette élection lui donne surtout l’immense responsabilité de transmettre la connaissance et la bénédiction de Dieu à toutes les nations. 

 

Gn 25, 12 : Le mot תּוֹלְדוֹת toledot en hébreu est intéressant. Il est sur la racine du verbe יָלַד yalad qui signifie enfanter (pour la mère), engendrer (pour le père) et désigne « les engendrements, les descendants », mais aussi « l’origine, l’histoire ». Catherine Chalier précise (ibidem, p 241) : « cette double signification du mot enseigne que pour la Genèse, avant d’être le récit de grands événements, l’histoire relève des engendrements et des noms des nouveaux venus en ce monde. (…) Ce qui mobilise son propos ce n’est en effet pas la survenue en soi d’une famine, d’une oppression ou d’une guerre mais l’attitude de ses héros vis-à-vis des événements. »

Conclusion :

La conclusion de Wénin nous a beaucoup plu.

Abraham n’est pas un surhomme. C’est un être humain avec ses limites, comme chacun de nous, ses failles, ses mensonges, et Dieu est un « patient pédagogue » qui respecte le temps nécessaire à nos maturations intérieures. En ce sens l’expression de « Père des croyants » est intéressante. Abraham  « apprend que les séparations et les dépouillements auxquels il consent portent des fruits de vie » (p 379). C’est une leçon pour chacun.

La différence entre les dieux de l’Antiquité et le Dieu du judaïsme et du christianisme est colossale. Le projet de YHWH d’une bénédiction, à travers Abraham, de toutes les nations  est extraordinaire.

 

 

Créé par : Groupe d'Avignon

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