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Commentaires

Posté par Roselyne

lun 29/04/2024 - 15:59

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Merci de vos remarques sur ces deux chapitres, elles sont très suggestives et donnent du grain à moudre...
Voici quelques réactions rapides  :

Je trouve vraiment intéressant que vous ayez reporté la possibilité d'une image fantasmée de Dieu que se fait Abraham autour du sacrifice du fils sur ses errements au sujet de l'acquisition d'une terre.
Je crois vraiment que le texte travaille sur l'idée que l'on peut se faire de  Dieu et du sacrifice. Nous n'en sommes pas vraiment sortis, hélas ! De même, il est urgent de revisiter la notion d'obéissance, si présente dans la tradition chrétienne, et de la replacer comme vous le dites dans un contexte de relation, d'écoute, et, me semble-t-il, d'échange de regard ou de point de vue ("le Seigneur voit et le Seigneur est vu") : ne faut-il pas tenter de regarder du point de vue de Dieu ?

 

Vous soulignez alors l'introduction d'éléments de rétribution au verset 17 : "puisque tu as fait cela, je te comblerai..

" On reviendrait de la promesse inconditionnelle au "donnant-donnant".  C'est une tentation terrible qui traverse toute la Bible, et parfois domine entièrement la conception de l'histoire (Les livres de Samuel et des Rois dans la tradition deutéronomiste, qui pénètre un peu partout ailleurs, chez les prophètes...). 

Ne faut-il pas au contraire considérer que certains auteurs mènent un combat acharné contre cette théologie spontanée et envahissante ? Et paradoxalement, au premier chef, les sacerdotaux : l'alliance du chapitre 17, mais aussi 18, ne dépend pas des mérites d'Abraham et de Sarah, et si elle exige la circoncision, c'est après coup, comme un signe, non comme une obligation morale.
J'ai l'impression que cette tension est partout présente dans la Bible et le reste sourdement dans les mentalité, et Jésus devra dire : "Qui a péché ? Ni lui ni ses parents, mais c'est pour que les oeuvres de DIeu se manifestent... " (Jean 9, 3).
Et qui nous débarrassera de la course aux mérites et de la culpabilité ?

Job essaie et se révolte ... et les derniers rédacteurs du livre ne trouvent rien d'autre pour lui répondre que la soumission devant l'incompréhensibilité de Dieu : "le Seigneur a donné... repris, béni soit le nom du Seigneur" !

Vous dites très finement qu'on n'est pas obligé d'admirer mais qu'on peut admettre. J'avoue que je peux admirer chez certains cette attitude, mais en aucun cas je ne peux l'admettre !


Oui, je vous suis volontiers sur le fait que toutes ces tentatives humaines, bien humaines, pour réaliser ce qu'on croit comprendre du dessein de Dieu (Saraï et Agar, Abraham et Isaac, l'achat du champ et...bien sûr le processus de colonisation) sont lourdement marquées d'hominitude, et parfois même d'hommerie et trahissent le visage de Dieu.
Un travail constant doit nous habiter : celui de démasquer sans cesse l'idole dont nous recouvrons le visage de Dieu, parce que cela nous arrange tellement !

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