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Être à la recherche de la communion avec les autres

Qu’est-ce qui a préparé votre engagement dans l’Église ?

Si on me demande l’origine de ma vocation, elle remonte à l’âge de huit ans et demi où ma maman m’a emmené au collège Montalembert où il y avait des prêtres qui s’occupaient des enfants ; et surtout un prêtre qui s’appelait l’abbé G. Wilmann. Il est mort il y a seulement deux ou trois ans, à quatre-vingt-dix-neuf ans ; et cet homme de Dieu me reçoit en me disant : « Bonjour Jacques, voulez-vous venir jouer avec moi, avec nous, à la balle au chasseur ? » J’avais déjà fait ma première communion, le 25 décembre 1926, ça faisait donc déjà deux ans mais, pour moi, le prêtre c’était l’homme de l’autel et l’homme de la communion. Un prêtre qui était à la fois prêtre et un homme qui s’occupait des enfants et qui jouait avec eux ! Cela m’a bouleversé.
Et la légende raconte que le soir même, lorsque je suis rentré à la maison, j’ai dit à maman : « Je veux être prêtre comme l’abbé Wilmann pour m’occuper d’enfants. » Dieu m’a pris au mot parce que deux ans après, à dix ans et demi, je faisais, avec un grand élève de troisième, le patronage de la paroisse parce que j’étais grand de taille, comme un jeune dirigeant s’occupant des petits enfants de six à huit ans. Et jusqu’à dix-huit ans, je me suis occupé tous les jeudis d’enfants avant six-huit ans, après ça huit-dix ans, après ça, dix-douze ans ; et à l’âge de quatorze ans, je faisais déjà fonction de moniteur de colonie de vacances auprès d’enfants de douze à quatorze ans. Et j’étais avec d’autres jeunes qui étaient dirigeants. Et parmi eux, il y avait des futurs séminaristes, et donc c’est Dieu qui m’a pris au mot : ce sont les enfants qui m’ont attiré vers le service d’Église.
À l’âge de quatorze ans, je dois reconnaître que j’ai hésité entre la vocation de prêtre et de médecin, et spécialement même, de chirurgien parce que dans ma petite candeur naïve je me disais : « Le chirurgien enlève quelque chose et on repart guéri tandis que le médecin, il fait des programmations qui ne sont pas aussi sûres », mais mes collègues, futurs médecins, me disaient : « Tu sais, Jacques, les chirurgiens ne suivent pas les malades, alors, si tu veux vraiment t’occuper des autres, être médecin généraliste, ce serait le mieux. »
J’ai hésité deux ans et, lorsqu’il s’est agi de choisir la deuxième partie de bachot, philo ou math élem, le professeur de maths m’a dit : « Jacques, il faut faire math élem » ; et je lui ai dit : « Écoutez, je pense que je n’aurai pas besoin de maths parce que je pense rentrer au séminaire. » Et je suis rentré au séminaire, à dix-huit ans et demi, en 1938, avec le père Wéber qui est devenu Monseigneur Wéber, évêque de Strasbourg. La guerre est arrivée, le séminaire d’Issy-les-Moulineaux a fermé, et les élèves partaient en province. À ce moment-là, je n’ai pas voulu partir en province, je suis resté à Paris, et par l’intermédiaire d’un prêtre que j’avais eu au collège, je suis entré, au séminaire des Carmes, à l’Institut catholique, avec des séminaristes qui étaient tous des médecins et des avocats ; mais comme c’était la guerre, il n’y avait que dix-sept élèves et le supérieur a été heureux de m’accueillir tout de suite en théologie. J’ai fait un an de théologie en 39-40, j’ai été mobilisé en juin 40 et je suis rentré en février 41, après les chantiers de jeunesse ; mais là, ma santé était tellement détériorée que mon supérieur m’a dit : « Vous ne pouvez pas continuer interne, il faudra continuer externe, être pris en charge par un curé de paroisse. » Fort heureusement, un de mes amis venait d’être ordonné prêtre aux Lilas. Il a demandé au curé s’il pouvait être mon responsable, il a accepté. J’étais en soutane, et dès ce moment-là, j’ai fait petit vicaire. J’allais à la Catho suivre les cours et je m’occupais des jeunes : catéchismes, louveteaux, scouts. Il faut dire que les cours étaient en latin et qu’ils s’entassaient sur ma table et que je ne lisais pas beaucoup…

Qu’est-ce qu’être prêtre ?
Être prêtre, pour moi, c’est avant tout être à la recherche de la communion avec les autres, en sachant voir dans les autres le visage du Christ, car la phrase qui m’a guidé toute ma vie est : « Ce que tu as fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que tu l’as fait. » Et quand j’ai le cafard par exemple, je dis à Dieu : « Aide-moi, aide-moi en m’envoyant quelqu’un », et quand je rencontre quelqu’un, immédiatement, je cherche ce qu’il a en lui de reflet de Dieu.
Tous les amis sont pour moi ma famille car, pour moi, être prêtre ce n’est pas être un vieux garçon replié sur soi et sur Dieu, c’est être un homme qui essaie d’avoir Dieu dans le cœur pour le trouver dans celui des autres et aider les autres simplement par son accueil et puis par sa compréhension à découvrir l’attrait que Dieu a pour lui. Voilà un petit peu ce que je pourrais dire.

Qu’est-ce que Vatican II vous a apporté ?
Je dois dire que j’ai été jeune prêtre dix-huit ans dans une même paroisse à Sainte Élisabeth comme aumônier du lycée Turgot et aumônier des Arts appliqués (j’ai encore une de mes élèves, qui est religieuse bénédictine, qui fait des œuvres d’art et qui me les envoie) ; et là, je me suis vraiment défoncé pour être proche des autres ; c’étaient des garçons qui étaient de familles peu chrétiennes, des familles de banlieue aussi, et des juifs, et j’ai essayé que le foyer catholique qui était une pauvre maison délabrée puisse accueillir tout le monde et permette à tout le monde de s’ouvrir à une humanité vraie c’est à dire à une amitié de partage et une amitié d’écoute en acceptant les différences et en ne condamnant personne.
Pendant la guerre d’Algérie, j’ai été moi-même menacé de mort par le mouvement de droite ; et le commissaire de police m’avait dit de faire attention quand même parce que, pour moi, il n’y avait pas les rapatriés ou les arabes. On est tous frères, c’était là le vrai mot.
Alors Vatican II nous a apporté une bouffée d’air frais, parce qu’on sentait que l’Église était enfermée dans des codes à côté du monde et qui n’étaient pas ouverts au monde, et, notamment quand on s’occupait des jeunes, les liturgies. Dès cette époque-là, j’avais trouvé en Belgique des traductions pour les jeunes des textes sacrés, dont je me servais pour les messes passées avec les louveteaux et les scouts. Et je peux dire que même avant le concile, grâce à la Mission de France, je disais déjà la messe en français et Vatican II est arrivé qui nous a permis de nous mettre en clergyman.
Le décret a paru le 15 juin et j’étais le 18 juin à La Belle Jardinière pour me faire faire un costume civil pour être en clergyman immédiatement. Et mon bon curé m’a dit : « Je vous comprends, mais moi je garderai la soutane jusqu’à ma mort. » Et Vatican II a été après ça vraiment un motif de recherche pour être près des gens et que les liturgies, notamment celles du dimanche, collent davantage à l’existence et que les sermons ne soient pas des sermons théologico-dogmatico-philosophiques mais que ce soient des paroles qui permettent de réfléchir sur sa vie et sur la manière dont on la vit avec Dieu. Et je dois dire que maintenant, j’ai quelquefois des regrets en estimant que nous reculons quelquefois un peu par rapport à l’esprit de Vatican II : nous restons trop romains malgré le pape François qui veut élargir aux dimensions de tous les continents et j’espère que le synode de la famille lui permettra de faire des progrès notamment, justement, pour toutes les familles divisées. Je pense notamment à tous les divorcés-remariés qui souffrent tellement de ne pouvoir se confesser ni communier.

Comment vivez-vous l’évolution de la société ?
Sur l’évolution de la société, je suis à la fois pessimiste et optimiste : pessimiste devant le laïcisme combattif et idiot que nos gouvernants actuels veulent développer dans la société pour saper toutes les bases de la société judéo-chrétienne et, en même temps, je suis très optimiste devant les jeunes générations de vingt-cinq, trente, quarante ans, pères et mères de famille extraordinairement merveilleux, soucieux de l’éducation de leurs enfants, mais soucieux aussi d’une vie chrétienne vraie, c'est-à-dire de poser l’amour de Dieu et l’amour du prochain comme normes pour tous les jours. Alors, je suis optimiste quand je vois des pères et des mères de famille de cinq, six enfants qui cherchent comment être chrétiens personnellement, engagés dans leur paroisse, engagés comme époux, engagés comme parents, engagés dans la société politique. Eh bien là, je disais aux séminaristes avec lesquels je vivais : « Les saints, ce sont d’abord en ce moment les jeunes ménages, les ménages qui vivent leur foi chrétienne avec un courage extraordinaire. »

Quelle est votre vision de l’Église et de l’avenir ?
On a eu des papes extraordinaires.
Il y a eu la génération de Jean Paul II, on a eu Benoît XVI qui en tant que professeur toute sa vie a donné un enseignement très adapté à l’époque et qui a eu le courage de démissionner pour laisser la place à un pape d’Amérique Latine qui apporte un air frais à l’Église et j’espère, comme il est reconnu par le monde entier, que la société va retrouver petit à petit ses bases véritables, car après la société de consommation et la société technique et la société dite de communication, eh bien, je pense qu’on va retrouver une société plus humaine ; et j’ai confiance que l’Église sera plus présente dans les années qui vont venir aussi bien en Europe qu’ailleurs, car en Afrique il y a une mine de missionnaires pour le monde entier.
Je ne suis pas du tout pessimiste sur l’avenir, mais je me dirais plein de l’espérance que Dieu est avec nous et que Dieu s’intéresse à tous les hommes ; j’ai eu le bonheur depuis vingt ans d’être en retraite et de travailler à Saint-Louis-en-l’Île avec les séminaristes et à Notre Dame où je recevais deux jours par semaine. Et là, je peux dire que j’ai vu l’action de Dieu dans tous les hommes de bonne volonté : baptisés, musulmans ou arabes ou non-croyants. Dieu est dans le cœur de tout homme. Et j’ai vu des hommes et des femmes de cinquante ans qui n’avaient reçu aucune instruction religieuse mais qui avaient été tenaillés par un idéal de vie humaine et qui venaient nous trouver à cinquante, cinquante-cinq ans et dire : « Mon Père, je crois que Dieu est pour moi le chemin de la vraie vie. » Ces gens-là demandaient le baptême ou, s’ils avaient reçu le baptême, à être instruits pour communier. Alors je crois qu’il ne faut surtout pas enfermer Dieu dans l’Église. Dieu est plus grand que les églises et les religions. Il est dans le cœur de tout homme, car tout homme est créé à son image.

À propos de l’évolution de l’Église, une question : les conditions d’exercice du « métier » de prêtre ont-elles changé selon vous maintenant ?
Je pense que le gros problème, c’est d’harmoniser la mission des laïcs avec la mission des prêtres. Et ça, c’est un gros travail parce que parfois, on a des laïcs de bonne volonté mais non formés, qui sont des catastrophes pour ce qu’ils apportent à l’Église parce qu’ils ne sont pas suffisamment instruits de la vérité fondamentale. Alors ce qu’il faut, je pense, c’est que les prêtres et les laïcs vivent davantage en communion et qu’il y ait davantage, j’allais dire, de petits groupes de réflexion entre prêtres et laïcs, mais pas trop intellectuels, mais vraiment à partir de la vie, pour que les laïcs et les prêtres puissent ensemble découvrir comment Dieu agit dans le monde et comment on peut agir avec Dieu ; je dirai d’abord en retrouvant la vraie façon de prier et ce n’est pas facile, et deuxièmement la façon d’être présent aux autres sans esprit de supériorité. Ce n’est pas parce que nous sommes catholiques que nous sommes meilleurs, nous sommes des frères pécheurs comme les autres mais Dieu nous a choisis, de par le baptême et la confirmation et l’eucharistie, à être témoins de son amour, mais témoins humbles, discrets pour d’abord trouver dans l’autre ce qu’il a déjà de divin en lui. Et ça, je pense que dans les paroisses où malheureusement il y aura de moins en moins de prêtres, cela va être le gros problème de trouver des diacres et des diaconesses, si je puis dire, qui puissent aider les prêtres à suppléer leur petit nombre et puis aussi à les aider à faire des traits d’union entre le laïc de base et les chrétiens pratiquants.

Selon vous quels sont les dossiers les plus urgents pour l’Église? Le service des pauvres, une réforme intérieure, connaître bien la théologie, faire la catéchèse ? Quelles seraient selon vous les priorités de l’Église ?
Les priorités de l’Église, je pense que le Pape donne en ce moment en priorité l’écologie, puis les pauvres.
Je pense que, il faut s’en soucier des pauvres, mais le problème numéro un, c’est d’avoir une catéchèse adaptée à tous les milieux, pas simplement au milieu bourgeois, mais au milieu ouvrier qui est tellement, tellement loin de Dieu.
J’ai vécu pendant huit ans en banlieue ouvrière où la lutte des classes faisait partie de l’Évangile. Les riches étaient systématiquement les salauds et les pauvres étaient les saints. Et bien ce n’est pas vrai ! Il y a des riches qui sont saints et des pauvres qui sont des salauds !
Il faut retrouver justement une éducation d’une catéchèse vraie et surtout être honnête avec l’Évangile.
Par exemple devant les malades, la souffrance : dire « Ô mon cher enfant, vous partagez la souffrance du Christ… » Je n’oserai jamais dire cela à quelqu’un, car jamais Jésus n’a dit à un malade : « Eh bien mon petit tu as de la chance parce que tu vis déjà ma croix. » Jésus, les malades, il les guérissait.
Et bien nous, il faut qu’on fasse attention lorsqu’on cite des paroles du Christ de voir à qui il les cite, à qui il les donne et se retrouver dans ce cadre-là et ne pas faire d’une phrase du Christ une généralisation.
Je pense que le premier, premier dossier, c’est la catéchèse, des enfants d’abord, mais aussi des adultes. Et cela, ça demande que les sermons du dimanche ne soient pas des sermons théologico-philosophiques, mais des sermons dans la vie. À partir de la parole de Dieu rejoindre la vie des hommes. Ça, je pense que c’est primordial.
Et puis peut-être aussi le dialogue interreligieux.
Ça, j’avoue que je suis déçu à la fin de ma vie que l’œcuménisme n’ait pas fait plus de progrès entre protestants, orthodoxes et catholiques. On a failli avec les Luthériens nous rapprocher complètement.
Malheureusement ils ont inventé les femmes évêques et les femmes prêtres, cela nous a fichu des années de séparation de plus et moi je pense qu’il faut chercher les relations avec les orthodoxes en priorité parce qu’eux, ils ont gardé le sens de l’Esprit Saint tandis que nous, nous avons pris l’esprit romain du droit romain. Et cela malheureusement depuis la conversion de Constantin qui a fait de notre religion une religion d’État et on a copié les rites impériaux pour les rites épiscopaux, pour les costumes et pour le droit. Alors ça, il faut que l’Église catholique redevienne une Église justement soumise avant tout à l’Esprit Saint et que le droit reprenne une place secondaire par rapport à l’Esprit Saint. Ça, c’est un dossier fondamental.
Le problème aussi à l’heure actuelle ce sont les rapports avec la religion musulmane qui fait tellement peur aux catholiques, avec les djihadistes et compagnie, alors que la religion musulmane n’est pas du tout impliquée. Le djihadisme c’est une parade. Ce n’est pas vrai. Alors il faut que nous rejoignions vraiment les frères musulmans authentiques, le bon peuple musulman. Moi j’en rencontre et ils me disent : « On est comme vous, on est la religion de la paix. »
Je discute de cela avec les ambulanciers qui m’emmènent. Un me disait : « On a le même Dieu. » Je dis : « Oui le même Dieu, c’est le Dieu d’amour. »
La religion cela se résume à l’amour de Dieu et à l’amour des autres. Il me dit : « Serrez-moi la main. » Je lui dis : « Oui mais attention dans le Coran, il n’y a pas toujours l’amour. »
Il me répond : « Oui, il faut bien interpréter le Coran. Mahomet nous dit qu’il faut d’abord respecter les chrétiens et les juifs et puis qu’on n’a pas le droit de tuer, sauf si c’est quelqu’un qui a déjà tué. »
Je dis : « Oui, mais cela tu devrais le dire à tes copains. »
Et puis alors avec les Orthodoxes ; j’ai des relations avec des prêtres orthodoxes. Là aussi, il y a une référence à l’Esprit Saint et aux saints qui est extraordinaire. Nous, je crois qu’il faut aussi développer la communion des saints de la terre et la communion des saints du ciel. Combien de fois, même des gens non chrétiens, devant un deuil ou une maladie nous disent : « Oh, je ne suis pas croyant, mais dites une prière pour nous. »
L’homme et la femme sont des créatures tous à l’image de Dieu et nous sommes tous des animaux religieux. Ce qu’il faut, c’est être attentifs à déceler ce qu’il y a de divin en chaque personne. Ça, pour moi, c’est mon problème numéro un.

Quel message souhaitez-vous transmettre spécialement aux plus jeunes ?
Mon message : quand on demande à Jésus « Quel est le plus grand commandement ? », c’est aimer Dieu de tout son cœur et aimer les autres comme soi-même et j’ajoute comme dit le Christ : « Comme je vous ai aimés. »
Je crois que c’est vraiment le message que nous avons à diffuser et ne jamais condamner ni juger du haut de notre perchoir catholique, mais être vraiment frère avec les autres en cherchant toujours ce qu’ils ont de positif ; et pour les jeunes générations, eh bien, les aider à trouver dans leur vie comment être au service les uns des autres. Et selon moi, pour les jeunes, le mouvement idéal c’est le scoutisme. Car je reçois encore actuellement des garçons qui ont été scouts avec moi en 1955 et qui ont gardé l’esprit scout à 75 ans ! Toute leur vie a été imprégnée justement de ce sens de Dieu même s’ils n’ont plus pratiqué beaucoup. J’en connais qui me disent : « Je ne pratique plus beaucoup le dimanche, mais Dieu pour moi, c’est le Seigneur. Et quand le soir, je fais mon retour sur la journée, je me rappelle toujours qu’on m’avait dit : il ne faut pas se coucher avec sa femme sur une brouille ! Eh bien, je m’arrange presque toujours pour dire à ma petite femme "Tu sais on s’est engueulé tout à l’heure demain on en reparlera", mais on s’endort en s’aimant bien ! »

Voulez-vous ajouter quelque chose ?
J’arrive à 95 ans et demi et j’avoue que j’ai beaucoup de mal à rejoindre Dieu dans ma vie de retraité. Et je dis souvent à Dieu : « Ne sois pas virtuel Seigneur, mais sois réellement présent. » C’est là où je trouve Dieu réellement présent à travers vous aujourd’hui qui m’interviewez et aussi à travers les personnes qui viennent me voir et avec lesquelles je ne parle pas simplement de Dieu mais de la vie de tous les jours. Et je confesse encore ici, bien sûr, et c’est le ministère qui me manque le plus : pouvoir recevoir les gens non pas pour écouter ce qu’ils ont fait de mal, mais pour admirer avec eux ce que Dieu a fait dans leur vie.
Car lorsque je reçois des gens je commence toujours par leur dire : « Il faut que nous commencions par rendre grâce pour tout ce que vous avez fait de beau, de bien, depuis trois ou six mois ou un an. Car Dieu est toujours à l’œuvre et vous l’avez rejoint. » Et moi, ce qui me manque le plus dans ma vie de vieux prêtre, c’est de ne plus pouvoir suffisamment communiquer avec Dieu à travers les autres.
Je disais à mon curé : « Quand je confesse, je suis avant tout en admiration devant ce que Dieu est en train de faire dans l’âme de cette personne », et je dirai que j’ai l’impression que par la confession, « je mets le cachet », mais c’est Dieu qui agit !