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Ces questions qui remuent les croyants (Jean Rigal)

Auteur
Monique HÉBRARD

Jean Rigal. Ces questions qui remuent les croyants. Lethielleux, Groupe DDB. 336p. 20€.

Le théologien bien connu pour son courage et son combat pour la réception de Vatican II offre ici une catéchèse très originale : éclairante et dynamisante.

Monique Hébrard en fait pour la CCBF la recension.

Image retirée.

D’abord un constat : l’incroyance n’est plus ce qu’elle était ; ceux qui se disent incroyants le sont moins par athéisme que par indifférence : ils vivent dans un autre univers, où la foi n’a pas de part. Quant à ceux qui se disent « croyants », ils déclinent toute une palette du croire, qui va du Dieu de mon mieux être et de mon épanouissement personnel jusqu’aux « intégristes ». Rigal développe ce qu’est véritablement la foi chrétienne : elle est rencontre et relation, marche constante vers… et non point d’arrivée. Elle suppose humilité et absence de sécurité car « on ne découvre le chemin qu’en le parcourant ». C’est un croire qui n’exclut pas le « savoir » pour ne pas dégénérer en émotionnel pur. Si le doute ne se situe pas à l’intérieur de la foi, je fais de Dieu mon idole.

La foi est donc incessante recherche, dialogue et témoignage.

Encore faut-il que les chrétiens parlent une langue compréhensible par leurs contemporains ! Globalement la parole de l’Église semble souvent loin de la complexité de la vie réelle des gens. Le langage de la foi nous appelle à l’humilité, à la recherche, au dialogue, à l’inculturation. Dieu n’a pas fait autre chose dans la Bible : il a parlé dans le langage humain compréhensible à chaque époque.

Jean Rigal fait la lumière sur un certain nombre de notions de la foi en remontant à la tradition la plus ancienne. Ainsi il remet à sa juste place la notion de « dogme »… qui est loin d’être dogmatisme. Il analyse aussi le « relativisme » que Benoît XVI juge comme la grande plaie contemporaine. Si en effet la vérité révélée n’est pas relative… la compréhension que nous en avons l’est toujours et par conséquent nul ne peut « posséder » la vérité, car nul ne peut posséder le Christ.

En fait dans chaque chapitre, comme aussi dans celui sur le scandale du mal, une posture spirituelle est prédominante : l’humilité.

À noter un chapitre très éclairant sur « peut-on croire en l’Église ? » Jean Rigal fait la distinction entre le croire l’Église, la réalité de son existence ; le croire à l’Église, à sa parole ; et le croire en l’Église qu’il réfute car on ne peut croire au point de se livrer qu’en Dieu seul. L’Église est une médiatrice, si elle est sainte c’est dans l’assistance de l’Esprit et elle est aussi pécheresse comme l’ont souligné les deux derniers papes dans tous les pardons prononcés. Si l’Église est sacrement du Christ c’est parce qu’elle se reçoit de lui (et pas d’elle-même) et qu’il l’envoie au monde. Et le fervent supporter du sensus fidelium qu’est Jean Rigal ne manque pas de rappeler que cette réception est le fait de tous les baptisés et non des seuls pasteurs. Les Pères de l’Église l’avaient dit et pratiqué avant que Vatican II ne le rappelle.

Enfin, le livre s’achève avec un chapitre intitulé « Vivre en baptisés ». Après en avoir expliqué les rites, le théologien rappelle que le baptême est une source pour toute la vie, et il entre dans le concret des manifestations de ce baptême à l’heure où les paroisses changent de visage et où les ministères opèrent des déplacements.

Bref une lecture tout à fait dans l’esprit de la CCBF.

Monique Hébrard

Vous trouverez également une recension de l'ouvrage sur le site DOMUNI par Gérard Bessière .