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« Bon Livre » 2020 n°2, Anne-Marie Pelletier, L’Église, des femmes avec des hommes

Auteur
Claude LAURIOT PRÉVOST

Prix littéraire de la Conférence : « Bon Livre » n°2, 2020

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les « bons livres » proposés par la Conférence.

Anne-Marie Pelletier, L’Église, des femmes avec des hommes
Éditions du Cerf– septembre 2019 – 248 pages – 19,50€


Voici un très grand livre qui, dès son titre, nous plonge dans le sujet, L’Église, des femmes avec des hommes.

Au départ, l’auteure nous parle de l’institution Église et de la situation des femmes durant ces dernières décennies. Rien de bien enthousiasmant. Mais la société évolue plus rapidement que l’Église et la visibilité des femmes nous conduit à une relecture très salubre des Écritures.

Tout confirme que la Bible a été écrite par des hommes pour des hommes. Agar, Mikal, Riçpa et bien d’autres ne sont que soumission au bon vouloir des hommes. Et c’est grâce à une première lecture féministe que des femmes vont pouvoir comprendre, avec plus de modération, que celles-ci existent parfois par elles-mêmes tout au long des deux Testaments.

Et nous voilà plongés dans les récits de création de la Genèse, deux récits ne présentant pas la même vérité factuelle et repoussant par là même toute interprétation réaliste. Mais ce que nous devons retenir, c’est que d’Adam endormi paraîtront l’homme et la femme. Et toute la lecture des deux Testaments devra se faire à la lumière de cette découverte.

Le livre est d’une telle richesse qu’il est bien difficile d’en tout dire. Il aborde les problèmes d’aujourd’hui, dont le cléricalisme et le sacerdoce ministériel. Ce dernier est hautement hégémonique et ne laisse guère de place  au sacerdoce baptismal de tous les laïcs et donc aussi des femmes. Là est en quelque sorte la structure du livre.

Mais tout n’est pas noir et l’auteure nous expose pour finir un « petit inventaire » du signe de la femme. Dans les Testaments bien sûr (malgré la prééminence des hommes) puis dans l’histoire (Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne, Thérèse de l’Enfant Jésus…) et aujourd’hui (Zabel Essayan, Etty Hillesum…)

Pour terminer avec Marie en quelques pages somptueuses.

Quelques mots encore pour que nous n’oubliions pas tout ce qui se vit de beau dans l’Église et que le monde atteindra au final avec la jubilation du Cantique des cantiques


Claude Lauriot Prévost