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« Bon Livre » 2018 n°10, Mgr Emmanuel Gobilliard, Thérèse Hargot : Aime et ce que tu veux, fais-le !

Auteur
Claude LAURIOT PRÉVOST

Prix littéraire de la Conférence : « Bon Livre » n°10, 2018

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les douze « bons livres » proposés par la Conférence.

Mgr Emmanuel Gobilliard, Thérèse Hargot, Aime et ce que tu veux, fais-le !
Regards croisés sur l'Église et la sexualité : entretien avec Arthur Herlin
Éditions Albin Michel – avril 2018 – 230 pages – 19€

À l’origine de ce livre, un éditeur parisien propose à un évêque et à une sexologue, avec l’entremise d’un journaliste loin du monde catholique, de dialoguer sur les problèmes de la sexualité.

« Aime et ce que tu veux, fais-le », a déclaré saint Augustin au cours d’une homélie. Et il ajoute : « Si tu te tais, tu te tais par amour. Si tu cries, tu cries par amour… »
Pour saint Augustin, la morale n’est pas une succession de permis/interdits, mais le fait d’être en relation avec Dieu et avec les autres. D’être « ajusté », mot clé qui va revenir tout au long de ce livre et qui semble parfaitement correspondre aux positions respectives de nos deux auteurs.

Livre ouvert et sincère, mais il reste cependant difficile de parler de sexualité dans l’Église, sexualité sur laquelle pèse toujours un relent de culpabilité.

Thérèse Hargot, philosophe et sexologue, ne ménage pas les questions franches et parfois délicates auxquelles Mgr Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, répond avec une grande liberté et beaucoup de bon sens, en faisant souvent référence aux enseignements de l’Église. Et ainsi, dans leur dialogue, nos deux protagonistes vont aborder le célibat, le mariage, la contraception, l’homosexualité, la pédophilie, etc.

Les propos de Mgr Gobilliard sonnent justes et abordent des thèmes importants rarement traités jusqu’à présent (sexualité des prêtres, pédophilie…). Thérèse Hargot insiste sur le fait que l’Église doit apprendre sur bien des sujets comme la place des femmes, des homosexuels, des divorcés. On reste un peu sur sa faim et l’on aimerait approfondir certains thèmes, mais le bilan de cet ouvrage est largement  positif et prouve que ce genre de dialogue peut s’ouvrir à bien d’autres questions.
 

Claude Lauriot Prévost