Conférence

Catholique des

Baptisé-e-s

Francophones

Pape François

« Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme. » 
(Pape François, lettre au Peuple de Dieu, Août 2018)

LETTRE d'INFORMATION N°8NOVEMBRE 2018

La Conférence des Baptisé-e-s dit NON au cléricalisme

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26). En cette année 2018, la Conférence des Baptisé-e-s s'est largement fait l'écho des graves questions qui traversent notre Église catholique et qui ont conduit le pape François à faire appel à tou-te-s les baptisé-e-s. La Conférence dénonce depuis longtemps cette faille ouverte qui déchire et défigure notre Église : clercs d'un côté et laïcs de l'autre, ceux qui ont l'autorité et ceux qui se soumettent. Dans sa lettre au Peuple de Dieu, le pape condamne fermement le cléricalisme.
Cette lettre du pape conforte la Conférence dans ses choix et dans son action. Au cours du seul mois d'octobre 2018, dans la rubriqueActualités de son site, la Conférence a pris la parole sur plusieurs sujets au cœur de ces questions : Cléricalisme (lire ici), La question du Christ est trop importante pour rester dans les mains des clercs (ici), Tous prophètes, tous majeurs, tous responsables (ici), La crise du clergé, une chance pour tous (), Aux clercs la lourde tâche d'oser déraciner le cléricalisme (), Le cléricalisme, voilà l'ennemi (et encore là). Ces publications font suite à des articles antérieurs de la même rubrique, où la Conférence s'était exprimée au cours des mois précédents sur ces questions cruciales pour la crédibilité, la vie et l'avenir de notre Église.
Aller sur le site de la Conférence : Le temps des baptisé-e-s

La Conférence demande à François un concile à parité femmes-hommes

La Conférence a répondu à la lettre au Peuple de Dieu par une lettre au Pape François dans laquelle la Conférence appelle de ses vœux la convocation d’un Concile du peuple de Dieu :

« Très Saint Père,
[...]
Nous souhaitons répondre à votre appel. Nous soutenons ardemment toutes vos démarches et essayons de mettre en œuvre ce que vous préconisez.[...] C’est notre devoir en tant que Conférence des baptisé-e-s de vous faire connaître nos convictions, opinions, suggestions pour notre Église, comme nous y exhorte le droit canon (212, §3).
[...]
C’est pourquoi nous appelons de nos vœux la convocation d’un « Concile du peuple de Dieu ».Le peuple tout entier ne doit-il pas se mettre à l’écoute de l’Esprit, afin d’entendre “les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps” (Gaudium et Spes, §1) ? Le peuple tout entier ne doit-il pas contribuer à redéfinir les bases d’une Église attentive aux appels du Seigneur ? N’est-ce pas en écoutant le peuple tout entier que la confiance abîmée peut revenir ? Réunir à parité des représentants du peuple de Dieu, hommes et femmes, laïcs et clercs, serait le signe de votre volonté d’un profond renouvellement dans l’Église et permettrait de lui redonner la confiance de ses membres. Ce serait un moment de vérité pour offrir à notre Église les conditions d’une vraie renaissance et définir un nouvel avenir partagé par l’ensemble des croyants présents et à venir. [...] »

Avec le soutien d'organisations internationales qui œuvrent dans le même esprit que la CCBF(Catholic Church Reform Int’l, European Network EN-RE, Redes Cristianas), une pétition a été lancée afin que la teneur de cette lettre devienne le plaidoyer d'un groupe de baptisés pour un Concile du peuple de Dieu, femmes et hommes : appel à signer la pétition.

Tous prêtres, prophètes et rois : la Conférence appelle à penser le laïcat

Une question cruciale pour l'Église, soulevée par le Père Joseph Moingt dans son dernier ouvrage Esprit, Église et Monde, a été soulignée par une recension de ce livre publiée en 2018 sur le site de la Conférence. Il s'agit de la distinction clercs/laïcs créée par la constitution hiérarchique de l’Église romaine. Le Père Moingt note : « Ce n’est pas [...] la division entre conciliaristes et traditionnalistes qui doit seule et surtout retenir notre attention, c’est la partition entre clercs et laïcs, qui est structurelle, et qui constituerait une intolérable division de l’Église, étrangère à l’Évangile, si elle était acceptée telle quelle, sans être contrebalancée par un esprit, un espace, une structure de coopération entre les uns et les autres.»

On parle en effet volontiers des laïcs, mais comment les définir, quelle place leur reconnaît le Magistère ? Sous la rubrique Laïcs, messagers de l'Évangile du site, Anne Soupa, présidente de la Conférence, montre que tant que nous ne serons pas parvenus à véritablement penser le laïcat, les laïcs n’existeront que par soustraction des prêtres, comme simples supplétifs. Cette « non identité » du laïc est pour lui une injure.

Le laïc engagé dans l’Église n’a pour se penser que le modèle du clerc, un modèle qu’il n'a pas choisi, mais qui reste « la » référence. Ce premier malaise est amplifié par la réaffirmation de la différence « de nature et non de degré » entre le clerc et le laïc, alors que le Nouveau Testament, lui, part des charismes des personnes pour définir ensuite des fonctions. La décrue depuis soixante ans des vocations presbytérales obère l’avenir. Crise passagère ? Ou plutôt signe des temps, qui appelle des changements dans la discipline de l’Église ? Par ailleurs, le laïcat est très hétérogène, depuis la majorité des fidèles qui vivent leur foi dans une totale discrétion, jusqu'à ceux qui sont engagés, de manières très diverses. Et la raréfaction des prêtres s’accompagne, depuis une quinzaine d’années, d’un mouvement de re-cléricalisation qui remet en question des fonctions exercées jusque-là par des laïcs.

Partage brouillé avec les clercs, avenir incertain, identité variable, re-cléricalisation, le laïcat ne pourra devenir « pensable » qu'à partir du peuple de baptisés que Jésus invite à instituer. Ce qui fait l’unité du peuple de Dieu, c’est le baptême. Préférer le terme de « baptisés » à celui de « laïcs », c'est d'abord dire « non » à des clivages devenus contre productifs.C’est le choix fait par la CCBF. Restent à inventer des formes nouvelles d’organisation et de célébration. Un tel projet ne peut se déployer qu’à partir d’un baptême revalorisé, exploré jusqu’à son message central, qui promet la présence de Dieu aux côtés du baptisé pour une mission qui dure toute la vie.

Célébrons la parole ! La Conférence apporte aide et formation

Vous êtes dans une commune rurale dépourvue de prêtre et vous voulez célébrer la présence du Christ dans votre communauté. Vous habitez en ville, mais vous savez que dimanche prochain il n'y aura pas de prêtre pour célébrer avec vous l'Eucharistie dans l'église de votre quartier. Les personnes âgées, nombreusesdans votre paroisse, hésitent à se déplacer vers l'église d'un autre quartier éloigné, et vous savez que cette situation se reproduira deplus en plus souvent. Le moyen de répondre de façon adéquate à tout cela est d'organiser avec votre communauté des célébrations dominicales de la Parole.
La Conférence a mis en place des outils pour vous aider à organiser et animer de telles célébrations de la Parole. Même si vous n’avez que peu de ressources localement, les fiches dominicales et le livre « Célébrons le dimanche » vous permettront de donner vie à la Parole dans votre communauté et avec elle. Une formation peut même être mise au point avec les équipes liturgiques de votre diocèse. Cette formation se déroule en trois temps, l’idéal étant deux soirées, puis une journée pour faire quelques travaux pratiques. Le site de la Conférence propose aussi plusieurs articles qui sont autant de réflexions de fond sur la célébration de la parole, ainsi que des témoignages de célébrations la Parole animées par des laïcs en milieu rural et en milieu urbain.
Enfin, si vous avez besoin d'idées pour préparer une homélie ou une prise de parole sur la foi, lors d’une célébration ou en catéchèse, ou simplementsi voulez un support de méditation, mieux connaître la Bible ou enrichir votre culture personnelle, chaque semaine le site de la Conférence propose un ou plusieurs commentaires des textes de la liturgie du dimanche.

Septembre 2018, Issy les Moulineaux : Assises 2018 du réseau de la CCBF

Les 29 et 30 septembre 2018, les adhérents étaient conviés à participer aux assises annuelles du réseau de la CCBF, qui étaient accueillies comme les années précédentes dans les locaux du collège-lycée La Salle Saint Nicolas à Issy les Moulineaux. Dans un esprit général de bienveillance, quatre grandes orientations ont été mises en avant : 1 - revendiquer la mise en place de la co-responsabilité et de la collégialité (laïcs et clercs, hommes et femmes) dans l'Église, 2 - multiplier les communautés de bases fraternelles, 3 - relever le défi de la jeunesse et 4 - ne pas travailler seuls, car nous sommes tous des baptisés, avancer en incluant les prêtres, les diacres et les religieux-ses, provoquer des réunions, des débats, des échanges.

Pour chacune des ces quatre orientations, une douzaine de propositions d'actions ont été choisies. Désormais, selon le contexte de leurs diocèses, selon les besoins qu'ils ressentent pour eux-mêmes ou pour leurs communautés, selon les opportunités qu'ils perçoivent dans leurs paroisses ou leurs mouvements, selon leurs engagements, les adhérents disposent ainsi d'un répertoire très riche d'idées pour mettre en oeuvre localement, chez eux, les orientations de la Conférence.

Autres actions de la Conférence des Baptisé-e-s

Conférénce de Dominique Collin, op. Lors des assises annuelles du réseau de la CCBF, les 29 et 30 septembre 2018, Dominique Collin, philosophe et théologien dominicain, a fait une conférence dans laquelle il a repris le titre et la teneur du livre qu'il a récemment publié : « Le christianisme n'existe pas encore ». Il constate que le christianisme historique et culturel permet à beaucoup de ceux qui se disent chrétiens d’éviter de se demander s’ils sont encore fidèles à l’Évangile. Ce christianisme ne « parle » plus aux hommes et femmes de notre temps, il ne leur dit plus rienconcernant ce qui reste essentiel dans leur vie, il est devenu, littéralement, insignifiant. Le christianisme de l'Évangile n'existe pas encore. Quand donc existera-t-il ? Quand il cessera de s’interroger sur son futur et se souciera davantage de ce qui manquerait d’essentiel à l’homme si l’Évangile n’était pas proclamé comme Évangile. Quand il dira l'inouï de l'Évangile. Pour sortir de la panne de transmission de la parole chrétienne dans le monde actuel, Dominique Collin plaide avec brio pour un christianisme sachant parler évangéliquement, à tout homme, croyant ou non, pour l’inviter à exister enfin.
Formation biblique : évangile de Matthieu. La Conférence met en place un cycle structuré de formation biblique qui permette à tous une meilleure approche des textes bibliques, à la lumière de la recherche contemporaine, en adoptant une formule nouvelle, aussi légère et complète que possible. L’idée est d’aborder un thème chaque année, de le travailler ensemble, mais chez soi, seul ou, de préférence, en groupe. L’année 2018/2019 commencera par un évangile, celui de Matthieu, avec la perspective de poursuivre, les années suivantes, par les Lettres de Paul, les Actes des Apôtres, l’Ancien Testament, de manière simple mais systématique.

Le travail sur l'évangile de Matthieu se fera à partir du livre Jésus selon Matthieu. Héritages et rupture, de Colette et Jean-Paul Deremble. Il sera lu, séquence après séquence, sur une année. Ce livre analyse pas à pas le texte de Matthieu, et ouvre à des débats sur les notions clefs de la foi : incarnation, fils de Dieu, jugement dernier, résurrection… Autant de concepts à élucider sans se payer de mots, afin de pouvoir annoncer l’Évangile au monde d'aujourd'hui.

Prix littéraire de la Conférence. Pour avoir « l’intelligence de sa foi », il est utile de lire. Mais comment savoir, parmi la masse des publications d’une année, ce qui est bon à lire ? La Conférence a constitué un groupe de lecture qui lit et recommande un livre par mois, parmi lesquels les adhérents élisent le meilleur livre de l’année, gagnant du Prix littéraire de la Conférence. Les lauréats ont été successivement Jean-Paul Vesco en 2015 pour « Tout amour véritable est indissoluble » (Cerf), Adrien Candiard en 2016 pour « Veilleur où en est la nuit ? » (Cerf) et Marion Muller-Colard en 2017 pour « L’Intranquillité » (Bayard). De janvier à octobre 2018, 10 ouvrages ont été sélectionnés comme livres du mois.Au mois de décembre, le lauréat 2018 sera élu parmi les auteurs de ces livres par les adhérents de la CCBF.

Et toujours...

5 minutes essentielles. Le site de la Conférence offre les paroles de témoins qui nourissent l'espérance, sous la forme de vidéos brèves où ils et elles font part de ce qui est leur essentiel, leur conviction la plus profonde, l'important dans leur vie, leur choix de croire, la joie de la foi, la transcendance, ... La collecte de ces paroles a commencé en 2018 et rassemble actuellement une douzaine de témoignages.
Les grands débats de la Conférence. Le débat enrichit, il laisse libre, il met en lien. Il nous aide à devenir des chrétiens responsables. Aussi, débattre est une priorité pour la Conférence, sur des sujets de société, sur la vie de l’Église, sur la foi : le mariage, l'homosexualité, les enfants, la parole de Dieu, le cléricalisme, ...
Nos fondamentaux.Chacun est invité à réfléchir sur les textes qui composent cette rubrique. Ils fondent les orientations et les actions de la Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones. Chaque année, de nouveaux éléments viennent enrichir cette rubrique.
Garder la mémoire des prêtres âgés.Le témoignage de vie des prêtres âgés est précieux. Tant de choses ont bougé dans l’Église pendant leur ministère ! La Conférence a recueilli de nombreux témoignages de ces prêtres qui ont vécu à l’aune du concile Vatican II. Si vous en connaissez certains qui accepteraient le principe d’une rencontre, la CCBF vous aidera à construire votre entretien.

Adhérer à la CCBF

Les adhérents sont destinataires d'informations envoyées par la CCBF, ils reçoivent l'invitation aux assises annuelles du réseau de la CCBF, ainsi que des appels émis par la CCBF à l'occasion d'actualités particulièrement importantes pour notre Église. En outre, ils peuvent accéder aux documents des assemblées générales. Les derniers documents en ligne sont ceux qui ont fait l'objet des débats lors des Assises 2018 du réseau de la CCBF : le rapport moral et le rapport financier de l'exercice 2017-2018 de l'association, le rapport d'activité du bureau et de l'équipe d'animation. Pour accéder à ces documents, ils doivent d'abord créer un compte individuel en cliquant sur l'icône en haut à droite (Vie associative) de la page d'accueil du site de la CCBF : Le temps des baptisé-e-s.

CCBF - 76 rue de la Verrerie - 75004 Paris