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Cultiver La Paix avec l’émir Abdelkader (1808-1883)

CCBF
Émir Abdelkader


"Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez ce qu'il est. »
Émir Abdelkader

Les ateliers « Cultiver La Paix », initiés par la CCB Parif, cherchent à développer une « culture de paix ». Comment ? Ils s’enracinent dans le dialogue interreligieux tout en développant une approche interdisciplinaire. C’est cette recherche du décloisonnement qui constitue une expérience unique, faite d’enseignement, de partage et de convivialité (les trois temps d’un atelier).

Après une première année consacrée aux violences psychologiques, et une deuxième année aux violences sociétales, nous avons choisi, pour cette troisième année, d’explorer les grandes figures de cette culture de paix dont le monde a tant besoin. Des hommes et des femmes de toutes religions qui ont œuvré, parfois au péril de leur vie, pour la paix. Deux spécialistes croisent leurs regards pour explorer différents aspects de personnalités aussi riches que complexes (historique, politique, théologique, spirituel...). C’est ainsi que les ateliers ont déjà présenté Martin Luther King, Abdul Ghaffar Khan, l’abbé Pierre et Marshal Rosemberg. Le dernier atelier, consacré à un sujet d’actualité, s’intitulait « Pour en finir avec la culture de l’abus ». L’atelier du 24 juin prochain reprend, avec l’émir Abdelkader, l’exploration de ces grandes figures inspirantes pour cultiver la paix.

L’émir Abdelkader, chef militaire et spirituel algérien, saint musulman et ami des Français, fut à la fois artiste, écrivain, homme politique, philosophe, poète, scientifique et théologien. Aujourd’hui abandonné dans les tiroirs poussiéreux de l’histoire coloniale, l’émir Abdelkader n’est plus guère convoqué que comme une figure de proue du nationalisme algérien. Si les écoliers du XIXe siècle connaissaient la vie de ce cavalier du désert devenu chef de tout un peuple à 23 ans, c’est avant tout pour ses qualités guerrières. Il fut en effet, quinze ans durant, un « ennemi de la France » (la formule est de Napoléon III) – certes magnanime, mais aussi implacable – avant de devenir son prisonnier obligé et apprécié pour plusieurs années. Ses faits d’armes ont suscité l’admiration de ses contemporains et il n’est pas jusqu’à son ennemi ou son captif qui n’ait vanté ses mérites. Il était « le meilleur cavalier parmi les Arabes » selon l’un de ses prisonniers et, aux dires de son adversaire le plus acharné, le général Bugeaud, « un homme de génie que l’histoire doit placer à côté de Jugurtha ».

Mais c’est un génie tout autre que le génie militaire qui a fait sa renommée en Orient, où il est encore lu et médité de nos jours. Selon l’émir lui-même : « Je n’étais pas né pour être un guerrier. Il me semble que je n’aurais jamais dû l’avoir été, ne fût-ce qu’un seul jour, et pourtant, j’ai porté les armes toute ma vie. Que les desseins de la Providence sont mystérieux ! Ce ne fut que par un concours tout à fait imprévu de circonstances que je me trouvais soudain jeté hors de ma vocation à laquelle tout me destinait, ma naissance, mon éducation, mes préférences. » Car avant d’être un homme « d’État », l’émir est un homme de Dieu. S’il est connu et vénéré en Orient, c’est en tant que l’un des saints musulmans les plus éminents de l’histoire de l’islam.

Pour présenter cette figure dans toute sa richesse, nos intervenants seront :

Akram Belkaïd, journaliste et écrivain algérien. Né en 1964, il quitte l'Algérie en 1995 et s'installe en France où il intègre la rédaction de La Tribune Desfossés (1995-2008). Il travaille aujourd'hui au Monde diplomatique où il couvre l'actualité du monde arabe. Il y suit aussi les questions relatives aux religions ainsi qu'à l'éducation. Membre du comité éditorial du site d'information Orient XXI, il est chroniqueur au Quotidien d'Oran où il publie notamment chaque semaine depuis avril 2005 la chronique du blédard. Ses livres portent sur le monde arabe et le Maghreb ; son dernier ouvrage a été publié en avril 2019 : L'Algérie en 100 questions. Un pays empêché (éd.Tallandier). Il est aussi l'auteur d'un recueil de nouvelles : Pleine Lune Sur Bagdad (Érik Bonnier éditions, Paris, juin 2017).

Fouzia Oukazi, historienne. Diplômée de l’Institut d’Études Politiques d’Alger, elle s’est spécialisée en histoire moderne (Paris X) et en sciences des religions (EPHE-IESR). Elle intervient régulièrement dans des rencontres-débats ouvertes au public sur l’histoire de l’Islam et du soufisme. Elle est actuellement professeure d’histoire-géographie dans un lycée de la banlieue parisienne. Son dernier essai a pour titre Femmes en Islam (éd. L’Harmattan.

Date : 24 juin 2019
Horaire : 19h30-22h30
Adresse : Forum 104 – 104, rue de Vaugirard – 75006 Paris
P.A.F. : 10 € (5 € pour les étudiants et gratuit pour les demandeurs d’emploi).
Ces ateliers sont organisés en partenariat avec l’association Coexister.

IMPORTANT
Nous vous serions reconnaissants de faire circuler l'information autour de vous et de nous faire savoir par mail si vous participerez à l’atelier du 24 juin :
cultiverlapaix@tutanota.com

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