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« Bon Livre », décembre 2020, Rutger Bregman, Humanité, une histoire optimiste

Marie Blandine FERRER
Humanité, une histoire optimiste

Prix littéraire de la Conférence : « Bon Livre », décembre 2020

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les « bons livres » proposés par la Conférence.

Rutger Bregman, Humanité, une histoire optimiste
Éditions du Seuil – septembre 2020 – 420 pages – 21,90 € 

Ce livre passionnant se présente comme une enquête. Elle passe au crible le préjugé tenace selon lequel l’homme serait fondamentalement mauvais : le réalisme consisterait à reconnaître la noirceur de la nature humaine. De nombreuses études de cas montrent à quel point c’est le contraire qui est vrai : la plupart des gens sont « des gens bien ». C’est le cas d’une majorité d’entre nous mais, à force de lire et d’entendre le contraire, nous nous persuadons que « les autres » sont égoïstes et asociaux.

L’ouvrage s’articule en cinq parties. La première offre une perspective historique : l’archéologie ne confirme pas que « de tout temps », les êtres humains aient été en conflit. C’est au contraire la sociabilité de l’homme et sa capacité à l’entraide qui ont orienté son évolution.

La deuxième partie s’attaque à la question « comment expliquer le mal ? », en s’appuyant sur des analyses de situations de guerre, et d’autres cas d’école, en situation réelle ou en étude de sociologie, comme les expériences connues des électrochocs. Avec Hannah Arendt, Rutger Bregman avance que « l'être humain se laisse séduire par le mal qui prend le visage du bien ».

La troisième partie montre comment l’empathie, l’esprit de camaraderie, la corruption du pouvoir, et l’effet nocebo du postulat selon lequel l’homme est naturellement mauvais, contribuent à mettre en place des structures exacerbant les mauvais côtés de chacun.

Les deux dernières parties sont source d’espoir. Elles examinent des exemples concrets d’organisations vertueuses, fondées sur le « nouveau réalisme » que propose l’auteur. Telle société de soins à la personne, telle prison, telle école fonctionnent selon des règles atypiques, mais qui prouvent qu’une autre organisation est possible, en faisant confiance à la volonté de bien faire inhérente à chacun. Sans s’affirmer chrétien, l’auteur cite plusieurs passages d’évangile (notamment quand Jésus oppose l’amour des ennemis à la loi du talion).

L’ouvrage se termine par dix conseils pour adopter ce nouveau paradigme dans nos vies : « place à un nouveau réalisme ».

Voilà un livre qui, avec humour, sérieux et pédagogie, ouvre de nouveaux horizons.


Marie Blandine Ferrer

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