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Vivre dans la vérité de Jésus

José Antonio PAGOLA
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source © Antranias @ Pixabay - Domaine public


Dimanche 17 mai 2020 – 6e dimanche de Pâques – Jn 14, 15-21

Il n’y a pas d’expérience de vie aussi mystérieuse et sacrée que l’adieu d’un être cher qui s’en va au-delà de la mort. C’est pourquoi l’Évangile de Jean essaie de recueillir dans le dernier adieu de Jésus son testament : ce qu’ils ne doivent jamais oublier.

Une chose est très claire pour l’évangéliste. Le monde ne pourra « voir » ni « connaître » la vérité cachée en Jésus. Pour beaucoup, Jésus aura traversé ce monde comme si rien ne s’était passé ; il ne laissera aucune trace dans leur vie. Il faut de nouveaux yeux pour voir Jésus. Seuls ceux qui l’aiment pourront expérimenter qu’il est vivant et qu’il continue de nous faire vivre.

Jésus est la seule personne qui mérite absolument d’être aimée. Ceux qui l’aiment de cette façon ne peuvent pas penser à lui comme s’il appartenait au passé. Sa vie n’est pas un souvenir. Ceux qui aiment Jésus vivent de ses paroles, « gardent ses commandements », ils se « remplissent » de Jésus.

Il n’est pas facile d’exprimer cette expérience. L’évangéliste l’appelle « Esprit de vérité ». C’est une expression très juste, parce que Jésus devient une force et une lumière qui nous fait « vivre dans la vérité ». Quel que soit le point où nous nous trouvons dans la vie, accueillir Jésus en nous-mêmes nous conduit vers la vérité.

Cet « Esprit de vérité » ne doit pas être confondu avec une doctrine. Il ne se trouve ni dans les livres des théologiens ni dans les documents du Magistère. Selon la promesse de Jésus, « il vit auprès de nous et est en nous ». Nous l’entendons dans notre intérieur et il brille dans la vie de ceux qui suivent les traces de Jésus d’une manière humble, confiante et fidèle.

L’évangéliste l’appelle « l’Esprit défenseur » parce que, maintenant que Jésus n’est plus physiquement avec nous, il nous défend de ce qui pourrait nous séparer de lui. Cet Esprit « est toujours avec nous ». Personne ne peut le tuer comme on a tué Jésus. Il sera toujours vivant dans le monde. Si nous l’accueillons dans notre vie, nous ne nous sentirons pas orphelins et désemparés.

Peut-être que la conversion dont nous, chrétiens, avons le plus besoin aujourd’hui est de passer d’une adhésion verbale, routinière et non concrète à Jésus à l’expérience de vivre enracinés dans son « Esprit de vérité ».
 

José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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