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Vivre la foi sans contact !

Vianney DANET
sans contact coronavirus
coronavirus © Alexas_Fotos @ Pixabay - Domaine public

Dimanche 24 mai 2020 – 7e dimanche de Pâques – Ac 1, 12-14 ; Jn 17, 1b-11a

Après le récit de l’ascension, la liturgie du jour nous propose l’évangile de Jean au chapitre 17, « à l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père », qui se situe chez Jean avant son récit de la passion et la résurrection. Passé, présent et futur se fondent dans un même temps où il s’agit de recevoir en don « la vie éternelle ». Dans notre période troublée par le spectre de la mort invisible, rôdant du passant à la voisine, des enfants aux grands parents, du bien portant au fragile, il est bon de sentir qu’a portée de « mains », de « souffle », il y a aussi une vie d’abord, une vie toujours, la vie tout court.

Assoiffés, comme la Samaritaine, où trouver cette vie éternelle ? Ou plutôt en qui est-elle ? « Or, la vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » Jean nous réaffirme toute la force de l’incarnation et c’est la connaissance de Jésus qui nous mène à celle de Dieu. Connaissance à laquelle il serait prétentieux de prétendre directement. Vive l’incarnation !

Jésus, à qui nous avons été confiés, se porte généreusement garant auprès du Père : « Je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d’auprès de toi. » Sachant l’incompréhension fréquente des disciples face aux paroles de Jésus, c’est dire la confiance qui nous est offerte. Et aussi la responsabilité qui nous revient quand Jésus dit « je trouve ma gloire en eux » et « désormais […] eux ils sont dans le monde ». Comme souvent avec Jean, nous sommes mis dans une perspective. Et dans ce chapitre 17, « à l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père », il ne s’agit que d’accès à une connaissance de plus grand que soi, de don de soi sans soumission, de chemin dans une confiance partagée.

Comme les disciples, nous sommes aujourd’hui, par un virus, plongés d’un coup dans l’inconnu. Et comme eux nous sommes appelés à bâtir un monde nouveau. Le temple de Jérusalem a été détruit en 70 et il s’agit bien de bâtir et non de rebâtir. La proximité physique avec Jésus n’est plus là pour les disciples, comme la proximité physique, les uns avec les autres, ne nous est plus possible aujourd’hui. Quand Jésus dit à ses disciples qu’il les quitte, ils ont pu se sentir abandonnés, et leur vient, après l’ascension, la force de l’Esprit pour suivre le chemin que Jésus leur a indiqué et… vivre.

Quand, pour nous, toutes les habitudes sont chamboulées, faut-il se raccrocher aux vieilles branches ? Faut-il se soumettre à ceux qui, dans l’institution Église, veulent capter notre conscience de baptisés en utilisant des outils nouveaux pour perpétuer des rites, qui sont ainsi vidés de leur sens ? Nous avons été seuls ou dans l’intimité familiale, peut-être, à découvrir, créer de nouveaux rituels, de nouvelles formes de fraternité. Pourquoi ne pas partir simplement des dons d’humanité qui sont offerts ? Pourquoi ne pas valoriser la confiance que Jésus et Dieu nous partagent pour ensemble, aujourd’hui, bâtir une Église sur la base de ces valeurs de confiance, de don, de connaissance mutuelle ? pour devenir chercheur de Dieu, revisiter le « temple » que nous sommes, et tisser « sans contact » le lien qui nous unit à Jésus, à Dieu, au monde ? Comment être des porteurs sains de la vie éternelle ? Comme les yeux des disciples ne peuvent plus voir Jésus, comme nos mains ne peuvent plus toucher, nous sommes appelés à redonner, autrement, un visage et du sens. Inspirons-nous de tous les disciples hommes et femmes après l’ascension qui se laissent humblement ouvrir à l’Esprit avant d’aller dans le monde. Ce temps qui nous est donné, malgré nous, peut être mis à profit pour oser dire et exercer dans nos vies ce « Par lui avec lui et en lui, à toi Dieu le Père, dans l’unité du Saint Esprit... » 
 

Vianney Danet

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