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Venez déjeuner !

Sylvie TAMARELLE
Mur de séparation à Bethléem
Sylvie TAMARELLE


Dimanche 5 mai 2019 – 3e dimanche de Pâques – Jn 21, 1-19

Il suffit d’être parti, loin de chez soi, pour réaliser combien les temps de repas sont importants. D’abord parce que manger est physiologiquement indispensable. Parce qu’il faut chaque jour renouveler la quête de nourriture. C’est une question de vie ou de mort, même s’il nous est donné de l’oublier dans les pays d’abondance.

Loin de chez soi, il faut apprendre à se laisser accueillir. C’est ce que nous avons vécu lors d’un voyage récent en terre dite sainte. Soit dans la plus grande simplicité comme lors de ce souper offert dans une auberge de jeunesse, un plat de pommes de terre et de riz pour caler les estomacs, ou ce festin de plats exotiques raffinés, partagés après le repas chrismal du jeudi saint à Jérusalem.

Ce n’est pas anodin si Jésus choisit comme signe de sa présence celui du pain donné. Il reflète la dimension vitale et communautaire de ce partage. Venez déjeuner !

Nous sommes au bord du lac de Tibériade. Simon et les autres disciples sont retournés en Galilée, leur pays d’origine. Jésus a été crucifié à Jérusalem, pour eux l’histoire semble s’être arrêtée là, ils ont repris leur quotidien comme si de rien n’était… Pour la 3e fois cependant, dit le récit de Jean, au chapitre 21, Jésus se manifeste ; il apparait « autrement » que de son vivant : les disciples ne le reconnaissent pas d’emblée.  Il faut le signe de cette pêche abondante pour raviver le souvenir d’une autre pêche miraculeuse, vécue avec Jésus et pour qu’Il se rende présent dans une réalité autre.

Nous sommes dans le temps de la résurrection, « au lever du jour », le Seigneur se rend proche et invite : « venez déjeuner !» Venez comme vous êtes, même si vous n’avez rien ! Rien, comme ces pêcheurs bredouilles de la nuit. Venez parce qu’avec lui, quand vous lancez le filet, il revient plein à craquer. La sollicitude du Seigneur n’a pas de limite.

Venez ! Vous qui avez renié le Seigneur, qui n’osez pas vous reconnaitre chrétien dans un monde sécularisé où la foi devient même suspecte. Regardez Pierre ! Lui aussi par 3 fois il a nié connaitre Jésus au moment de son arrestation, par peur d’être emprisonné. Pourtant, par 3 fois le Seigneur lui pose la question : « Pierre m’aimes-tu ? » Comme s’il fallait que chaque reniement soit dépassé par cette triple affirmation d’amour : « Oui seigneur, je t’aime, tu le sais. » La tristesse soudaine de Pierre est celle de celui qui prend conscience de sa faiblesse. Mais par 3 fois aussi, Jésus renouvèle son appel et sa confiance : « Sois le berger de mes brebis !» Il ne laisse pas Pierre à sa faute passée, il ouvre un avenir.

Venez manger au festin du Royaume. Il est advenu ce temps où le repas préparé par le Seigneur s’étoffe des poissons que nous apportons : voilà le signe de communion. L’abondance naît de ce que chacun contribue à apporter, à la mesure de ce qu’il a reçu.

Le Seigneur n’en finit pas de lancer vers nous le filet de sa miséricorde. Ils sont finis les jours de deuil ! Laissons-nous envelopper de la confiance qu’il nous accorde. Avec lui, ensemble, allons déjeuner ! Puis nous pourrons le suivre…
 

Sylvie Tamarelle

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