Vous êtes ici

Un vade-mecum pour la vie spirituelle

Onglets principaux

Michel MENVIELLE
Les Noces de Cana
Les Noces de Cana © Mortier.Daniel @ Wikimedia Commons - CC BY-SA 4.0


Dimanche 16 janvier 2022– 2e semaine du Temps – Jean 2, 1-11

Jean baptise près du Jourdain. Jésus vient vers lui. Jean le reconnaît comme celui sur qui demeure le souffle descendu du ciel (Jn 1, 32). Les deux jours suivants, Jésus appelle ses premiers disciples : ils le reconnaissent et vont avec lui.

Le troisième jour, la mère de Jésus, Jésus et ses disciples sont à une noce, à Cana. Le vin est en quantité insuffisante. La mère de Jésus le fait remarquer à Jésus, d’une façon qui peut être entendue comme une incitation maternelle à intervenir (v. 3). La réponse de Jésus : « Qu’en est-il pour toi et pour moi, femme[1] ? » reflète exactement une expression hébraïque qui indique toujours que la personne qui parle prend une distance par rapport à celle à qui elle s’adresse (cf. par exemple 1 R 17, 18). Distance soulignée par le terme « femme » qui, en soi, n’a rien de péjoratif dans les évangiles : Jésus s’adresse ainsi à des femmes qu’il ne veut pas offenser, comme la Samaritaine (Jn 4, 21), la femme adultère (Jn 8, 10) ou Marie Madeleine (Jn 20, 13). Et il ajoute que « son heure n’est pas encore là ». Jésus demande ainsi à sa mère d’avoir avec lui une relation de confiance mutuelle, entre alter ego. Elle comprend : elle ne sollicite plus, mais aide en intervenant auprès des serviteurs (v. 5). Cette aide a été efficace : à la demande de Jésus, les serviteurs acceptent de remplir d’eau six jarres de pierre, puis d’y puiser et d’en porter à l’ordonnateur du repas ! Qui goûte, découvre que c’est un bon vin, et s’étonne auprès du marié qu’il ait gardé le bon vin pour la fin (v. 10).

« Jésus fit ceci, commencement des signes, à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. » (v. 11) Conclusion qui souligne l’importance de ce récit dans l’évangile de Jean : c’est le premier geste de Jésus devant ses disciples et la seule fois où Jean dit qu’il « manifeste sa gloire » ; de plus la mère de Jésus n’est présente dans l’évangile de Jean que dans cet épisode et au pied de la croix (Jn 19, 25-27).

Un signe, un fait dont il faut dépasser la matérialité pour accéder à ce qu’il désigne. De l’eau versée dans des jarres destinées aux rites juifs de purification devient un vin très abondant[2], meilleur que celui que l’on vient de boire (v. 10). Signe messianique qui manifeste les liens entre la relation au Père à laquelle, par ses paroles et ses actes, Jésus invite ses disciples et l’alliance entre Adonaï et Israël. Signe qui a été intelligible pour les disciples, alors que rien ne manifeste qu’il l’ait été pour l’ordonnateur du repas – qui ne sait pas d’où vient le vin – et les serviteurs – qui eux le savent (v. 9-10).

Jean, sans juger, constate, fait récit de dialogues où chacun respecte l’autre. Les disciples sont quatre et c’est ensemble, en lien les uns avec les autre, qu’ils font la démarche de croire, d’« adhérer à Jésus1 ». À un moment clé de l’évangile, invitation pour nous, lecteurs, à vivre notre cheminement spirituel en lien avec d’autres, dans le respect mutuel, chacun acceptant ses limites et étant attentifs aux autres.


Michel Menvielle

 

[1] Traduction Chouraqui

[2] Chaque jarre contenait environ 100 litres

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire