Vous êtes ici

Tout est prêt mais les invités absents.

Christine TASSET
Agneau grillé
Agneau grillé © Shutterbug75 @ Pixabay - Domaine public

 

Ou l’audace du partage.

Dimanche 11 octobre 2020 28e dimanche du temps – Mt 22, 1-14

Encore une parabole « musclée » après celle des « vignerons homicides » entendue dimanche dernier. Voici celle du grand banquet de mariage Le temps presse pour Jésus, les tensions montent, l’étau se resserre sur lui qui est monté à Jérusalem avec ses disciples pour la Pâques juive et où, bientôt, il vivra sa Passion. Il lui faut délivrer son enseignement vite et de façon à marquer les esprits.

Le texte foisonne de métaphores, limpides pour les Juifs familiers des images bibliques, peut-être plus difficiles à décoder aujourd’hui : le banquet (le Royaume), le Roi (Dieu), les noces (alliance de Dieu et de son peuple), le fils du roi (le fils de Dieu), et de références à l’Ancien Testament. Il suscite notre curiosité et notre réflexion aujourd’hui encore.

Cette parabole est assez peu vraisemblable, loufoque même. Un père a préparé un grand banquet, fait préparer des viandes savoureuses et grasses, dressé un beau couvert, mis des habits de fête. Tout est prêt, et voilà que tout semble compromis : aucun des invités ne se présente au banquet, très insolite situation ! Le roi ne se décourage pas, il envoie ses serviteurs les chercher. Certains des invités mettent en avant des excuses « bidon », ils ont autre chose à faire et tout simplement ne veulent pas se déranger pour aller à la noce, d’autres plus violents tuent les serviteurs.

Dans un premier mouvement de colère contre ces meurtres, le roi fait mettre à mort les meurtriers et incendier leur ville

La salle de banquet est toujours vide. La colère n’est pas la solution.

Alors, désirant si fortement partager ce banquet, le roi fou d’audace, ose cette chose inouïe : il demande à ses serviteurs d’aller à la croisée des chemins inviter « le tout-venant », les mauvais comme les bons. Bientôt la salle est pleine, ça bourdonne, la fête commence. La joie circule. Tant pis pour les premiers invités qui ne se sont pas donné la peine de venir à la noce !

Ici le récit rebondit de façon inattendue : le roi remarque un invité qui n’est pas en habit de fête et le fait jeter dehors là où sont les pleurs et les grincements de dents. Faudrait-il imaginer que tous ces invités de la dernière heure ont eu le temps et le moyen de passer une tenue vestimentaire adaptée à l’évènement ? On peut en douter. Alors qu’est-ce qui ne va pas chez cet invité ? Je crois comprendre qu’il est présent, mais qu’il a la tête ailleurs. Aujourd’hui ilpourrait faire penser à un hôte concentré sur son smartphone, imperméable à ceux qui l’entourent.

La chute est rude. C’est un avertissement qui s’adresse à nous depuis… bien longtemps, pour que nous fassions le bon choix, celui de la vie « en abondance » qui nous est offerte Nous sommes invités, mais libres de refuser ; si nous acceptons cette invitation royale, il convient d’y répondre de tout l’élan de notre être, avec joie. C’est un choix radical qui nous est demandé. Aujourd’hui comme hier, Dieu « vomit les tièdes ».


Christine Tasset

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire