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Stop … pause (forcée) !

Anne-Joëlle PHILIPPART
Tombeau de Lazare
Tombeau de Lazare @ publicdomainpictures.net - CC0 Domaine public


Dimanche 29 mars 2020 – 5e dimanche de Carême – Ez 37, 12-14 ;Rm 8, 8-11 ; Jn 11, 1-45

Tout fout le camp, rien ne va plus !

La terre se détraque, la bourse s’écrase, les droits acquis s’effilochent, la pauvreté augmente, on court partout comme des chiens fous. Et, comme si tout cela ne suffisait pas, nous revoilà au temps des épidémies, comme un avant-goût de fin des temps, à moins que ce soit comme un flash-back au Moyen-âge.

 

Ah ! Si tout cela pouvait au moins générer un sursaut d’humanité, un changement salutaire ! Peut-être serait-il intéressant de commencer par revisiter les quelques théories à la base de nos modes de vie ?

Puis, pourquoi pas, se demander aussi ce qui nous rend heureux… au-delà des artifices du monde ? Le sens de la vie, somme toute ! Eh oui, une belle quête en perspective, qui s’installe dans la durée, dans le temps qui respire enfin ! Patiemment, il se laissera découvrir comme l’œuvre délicate d’un tailleur de pierre qui doucement sculpte son ouvrage. Lentement, enfouie au plus profond de nous-même, de plomb, notre pierre intérieure se transformera en or avec la pierre philosophale, celle que les chrétiens appellent aussi « Christ », la pierre d’angle que les bâtisseurs ont rejetée.

 

Nous voilà donc un peu dans un temps de réflexion. Comme les Hébreux en exil à Babylone, nous sommes comme exilés de nos rêves. Communisme et capitalisme ont failli. Nos temples sont détruits. Il va falloir tenir dans les difficultés, persévérer pour repartir, innover, créer, reconstruire.

Dans la Bible, souvent, du désespoir émergent un nouvel espoir, de nouveaux départs, de nouvelles alliances. D’une part dans une dimension verticale avec ce Dieu qui nous soutient et nous fait sortir de nos tombeaux, quels qu’ils soient, comme Lazare. Mais aussi, d’autre part, dans une dimension solidaire, en lien avec nos contemporains quand la coopération remplace la compétition. Tout un programme, ardu, mais tellement riche d’Espérance dans une humanité de plus en plus à l’image de Dieu.

Et puis, cette Bible, ce vieux bouquin, n’est-il pas d’une étonnante actualité ? Sortons donc des croyances infantilisantes pour, solidairement, agir intelligemment et respecter des consignes issues du développement des connaissances. Ainsi, il serait irresponsable de refuser la main tendue de la science et provoquer Dieu en s’exposant à des risques inutiles. Ce serait faillir à la deuxième tentation, décrite au chapitre 4 de l’évangile de Matthieu, où le diviseur suggère à Jésus de se jeter en bas pour que les anges se précipitent et le récupèrent en le portant dans leurs mains.

 

Fluctuat nec mergitur. Courage à nous tous. En union de prière.


Anne-Joëlle Philippart

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