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Un seul Pasteur, le Bon, le Vrai !

Vianney DANET
Pasteur
Pasteur © Camera-man @ Pixabay - Domaine public


Dimanche 25 avril 2021 – 4e dimanche de Pâques – Jn 10, 11-18

L’évangile du jour nous propose une troisième allégorie du « bon pasteur » ; celle-ci se déroule au crépuscule, quand la crainte du loup monte avec la nuit. D’emblée Jésus, qui s’annonce comme le bon berger, explicite le « bon » : celui qui donne sa vie pour ses brebis. Il est tout pour elles, comme elles sont tout pour lui. Cet amour est sans conditions et sans exceptions, jusqu’à l’abnégation. Par opposition, ce que serait un mauvais pasteur : un serviteur à gage, qui s’enfuit aux premières difficultés. Et, pour donner à comprendre l’inouï de ce don de soi, beaucoup de répétitions dans ce récit. « Je suis le bon berger » répète Jésus, comme pour nous imprégner de son message. Et viennent les exigences et la bonté du vrai pasteur : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent », une relation en vérité dans une égale réciprocité, en plénitude et en confiance. Connaître n’est pas seulement désigner. Respect et bienveillance s’affirment précisément dans cette connaissance réciproque. Aucune soumission, ni pouvoir, ni domination ne filtre. Et pour rehausser la qualité de la relation au berger, Jésus nous dit qu’elle est de même nature que sa relation filiale : « Comme le Père me connaît, et comme Je connais le Père. » C’est dire la force et l’affection du lien qui unit le pasteur à ses brebis. Et donc donner sa vie se fait non pas au forceps, mais dans un épanchement naturellement tendre. Ainsi le « mes » brebis n’a rien de possessif mais signifie un plein d’affection et ne donne aucun droit de l’un sur l’autre. Ainsi revient cet air, mieux compris, approfondi : « Je donne ma vie pour mes brebis. »

Après la connaissance et la filiation, voici l’universalité annoncée. Nous pouvions penser que le troupeau était uni. Et Jésus nous dit que ses brebis sont de plusieurs enclos. Comme un berger communal s’occupe de rassembler et de conduire au pâturage les brebis de plusieurs fermes, sans préférence pour les unes ou les autres. À la fin du premier siècle, on pense évidemment que Jean dit de Jésus qu’II est venu sans distinction pour les juifs et les païens. Et aujourd’hui n’est-il pas là aussi bien pour les pratiquants fidèles du dimanche, que pour ceux qui sont sur le parvis, en marge de leur église ? Ainsi les brebis de tous enclos sont également appelées, aimées. Et réciproquement les unes comme les autres ont la même capacité à le connaitre dans une même filiation. 

Et on entre dans la vie infinie : « comme le Père m’aime, parce que je donne ma vie pour la recevoir de nouveau ». Au final c’est toujours Jésus qui « gagne », car par le Père Il a la capacité de dominer la mort et de recevoir la vie à nouveau. Et on comprend mieux la référence de Jean aux bergers mercenaires, car qui d’autre que Jésus pourrait se proclamer pasteur et prendre chacun pour ses brebis ?


Vianney Danet

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