Vous êtes ici

Seraient-elles folles ?

Hubert CORNUDET
Saintes femmes au Tombeau


Dimanche 20 avril 2019 – Vigile de Pâques – Luc 24,1-12

Elles sont folles, tarées, complètement dingues ces femmes… qui arrivent tout excitées avec une histoire merveilleuse, incroyable... ainsi qualifiée par les apôtres : « Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes. » Luc, un médecin, s'est servi d'un mot médical que notre Bible a traduit par « rêveries ». C'était le mot pour quelqu'un qui délirait, un véritable fou. Les apôtres pensaient que les femmes étaient folles !

À quoi s’attendaient-elles ? À trouver le corps de Jésus. C'est pourquoi elles sont venues avec des aromates pour oindre le corps. Elles étaient dans un deuil profond et elles ne comprenaient pas ce qui s'était passé. C'était une énigme, un mystère. Pourquoi avaient-ils mis Jésus sur la croix ? Elles n'avaient pas de réponse. Elles ne connaissent que la misère de ces derniers jours. Ce matin-là elles étaient venues pour dire au revoir…

Les apôtres ne peuvent pas comprendre ce que les dires de ces femmes pourraient signifier, et ils pensent que tout ce qu’elles racontent est « une fable », un racontar de femmes complètement perchées diraient les plus jeunes.

« Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre ; mais ils leur dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » Ces deux hommes, des anges, donnent une petite partie de la réponse aux questions des femmes. Le vivant... parmi les morts.... Que veulent-ils dire, ces hommes ? Et puis ils s'expliquent : « Il n'est point ici, mais il est ressuscité. » « Alors elles se souvinrent des paroles de Jésus. » Seulement un souvenir, elles n'ont pas tout compris. La compréhension viendra par la suite.

Le mot que nous lisons comme « ressuscité » parle simplement de quelqu'un qui se réveille de son sommeil. Il n'est pas un mot magique avec un sens très spirituel. Et nous disons : « Réveillé ? Comme s'il dormait ? » Oui. Dans la compréhension des gens de cette époque-là, la mort était comme le sommeil, un sommeil profond bien sûr ! Cependant, nous avons quelque chose ici qui est un peu particulier. Il est quand même rare qu'un mort se réveille. Plus que rare, c'est impossible ! Tout le texte de Luc témoigne qu’il faudra le don de l’Esprit à la Pentecôte. La croix + Pâques + Pentecôte + Ascension sont un même mystère et il est tel que la pédagogie apostolique a fait qu’il ne serait recevable qu’en mettant 40 jours par-ci et 50 jours par-là !

Ne mésestimons pas l’extrême difficulté que les disciples ont eu à accueillir cette résurrection. Ils n’ont pas cru d’emblée. Il a fallu tout un cheminement et la force d’une expérience telle qu’ils n’ont plus douté et ont donné leur vie pour en témoigner.
 

Hubert Cornudet

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire