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Riche en vue de Dieu ?

Sylvie TAMARELLE
récolte


Dimanche 4 août 2019 – 18e dimanche du temps – Ps 89 ; Lc 12, 13-21

Il m’a semblé un jour comprendre ce que voulait dire l’expression qui conclut la parabole dite du riche cultivateur de ce jour : « Être riche en vue de Dieu. »

L’un de mes amis qui devait se rendre à Paris pour passer un concours important qu’il préparait depuis plusieurs mois apprend le décès brutal d’un de ses cousins. L’inhumation avait lieu 3h avant l’oral qu’il devait soutenir : pas la meilleure façon pour se préparer…

Il n’a pas hésité un instant. Lorsqu’il s’est présenté, juste après la célébration familiale, devant les examinateurs, il m’a dit la force qui l’animait : « Rien ne pouvait me déstabiliser ! Je savais que j’avais fait le bon choix en rejoignant mes proches dans la peine. C’était cela, le plus important. »

Il a été reçu… Il aurait pu tout aussi bien ne pas l’être.

Mais revenons à la parabole.

Il a les pieds bien sur terre cet homme déjà riche ! Et chanceux ! La nouvelle récolte s’annonce si abondante qu’il n’a pas les moyens de la stocker. Il raisonne, réfléchit, il ne paraît pas insensé. Dans le choix qu’il fait cependant, quelques indices laissent supposer qu’il est comme enfermé en lui-même.

Ma récolte…, détruire mes greniers pour en faire de plus grands…, y mettre mon blé et tous mes biens…puis il se parle à lui-même et s’encourage à jouir des plaisirs de la vie terrestre.

La richesse représentée par le blé et les biens est devenue son idole. Il lui bâtit un sanctuaire, de grands greniers, et rassuré par ces réserves en abondance, il peut se laisser aller à une célébration festive.

Chez les Juifs de l’époque de Jésus, la richesse est reconnue comme une bénédiction. L’homme n’apparaît pas comme détestable, simplement il vit pour les choses de la terre, préoccupé uniquement de lui-même. La richesse et l’apparente sécurité qu’elle procure deviennent un but en soi. L’idée de partager, d’aider autour de lui ne lui est même pas venu à l’esprit !

Pas plus que le fait de remercier Dieu pour cette abondance.

Se laisse-t-il guider par la peur du manque ou l’attrait des plaisirs ? En tout cas son choix s’avère malheureux puisqu’il meurt le lendemain.

Cet homme qui pourrait nous ressembler est-il mauvais ? Ce n’est pas dit. Il s’est fait une idole, la richesse et il a oublié Dieu. L’issue est fatale.

La parabole illustre la déclaration préalable de Jésus : « Méfiez-vous de l’âpreté au gain. » Cette âpreté reste vaine. Elle n’allonge pas d’un jour notre vie ! Et surtout elle pervertit notre relation aux autres car « là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (verset 33 du même chapitre.)

Dieu s’adresse à l’homme à la fin de la parabole. Ce n’est pas sa richesse qui est jugée mais ce qu’il a choisi d’en faire. La sentence tombe : coupable d’avoir amassé pour lui-même !

« Riche en vue de Dieu » : c’est lorsque je vise « les réalités d’en haut » selon l’expression de st Paul. Celles qui m’ouvrent aux autres et à Dieu, et ne m’enferment pas dans mon seul intérêt.

Cette parabole questionne sur notre relation à l’argent certes, mais surtout nous encourage à rechercher ce qui est vraiment important, ce qui peut révéler le royaume de Dieu.

Alors pourquoi ne pas s’appuyer sur la prière du psalmiste : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours, que nos cœurs pénètrent la sagesse. »

Sylvie Tamarelle

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