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Reçois les cendres pour ne rien attendre et tout espérer

Vianney DANET
Portes du désert
Portes du désert @ peakpx.com - CC0 Domaine public


Mercredi 26 février 2020 – Mercredi des Cendres – Jl 2, 12-18 ; Mt 6, 1-6 16-18

Du livre de Joël au Sermon sur la montagne, proposé par Matthieu, nous sommes invités à revenir à Dieu. Et quelle attitude Jésus nous propose-t-il pour cela ? Ce sermon sur la montagne aux disciples – sermon qui mènera au « Notre Père » – comprend les incontournables des pratiques des grandes religions : l’aumône, la prière, et le jeûne. Lesquels deviendrons les piliers de l’Islam.

Le premier geste demandé est l’aumône, car notre relation à Dieu ne peut s’établir que dans la relation à l’autre. Comme le dit Paul, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. Ainsi le partage est la première attitude à avoir. Partage authentique, en vérité, sans attente ou espoir d’en tirer une quelconque reconnaissance sociale ou une quelconque supériorité : « que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite. » Ainsi le partage et le don deviennent une attitude banale, quasi naturelle, alors que notre humanité ne nous y entraine pas spontanément. Sous une autre forme on retrouve l’appel de Matthieu à une vraie fraternité.

La prière vient ensuite au centre de la relation à Dieu. Et là encore, dans une inversion de la pratique courante, Jésus demande à ses disciples qu’elle ne soit pas ostentatoire, mais retirée dans l’intimité de la chambre. Hors des carrefours et des synagogues. C’est une condition de son authenticité. Quel enseignement pour nous ! Apprendre par exemple à se déformater des habitudes de nos célébrations dominicales où les rites, les paroles, les chants entrainent les fidèles dans une tourmente et introduisent une distance, un éloignement de l’intimité et d’une proximité avec Dieu. 

Ne figure pas dans l’évangile du jour le verset 7 qui appuie encore là où cela fait mal : « ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés […]. » Et on peut se questionner sur toutes les prières… pour les vocations !

Mais comme pour l’aumône, nous voilà ramenés à la bienveillance de Dieu pour notre humanité : « ton Père qui voit (qui est là) dans le secret, te le rendra. » En opposition à tous ceux qui pourraient vous dire : attention Dieu voit tout ce que tu fais, dis, ou penses, comme un surveillant d’internat superpuissant. C’est au contraire le refrain d’un amour paternel, quasi maternel, répété sans fin. Matthieu nous montre comment la parole de Jésus à la fois simplifie, et rend exigeants nos actes et nos paroles.

Le jeûne, troisième pilier, vient accomplir cette invitation à la discrétion, et à la joie dans notre relation aux autres et à Dieu. Le jeûne qui crée le manque permet d’être en écoute, d’accueillir avec authenticité et joie l’autre et la parole de Dieu. Parfume-toi, que personne n’imagine ce que seul ton Père voit dans le secret de ton intimité.

Ainsi nous voilà aux portes du désert, pour une traversée en joie, en simplicité, en rencontres, où il ne faut « rien attendre et tout espérer ».
 

Vianney Danet

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