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Quand commence une nouvelle année liturgique

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Jean KALMAN
corps célestes
corps célestes © NiteshSab @ Pixabay - Domaine public


Dimanche 28 novembre 2020 – 1er dimanche de l’Avent – Jr 33, 14-16 ; Ps 24 ; 1 Th 3,12-4,2 ; Lc 21, 25-28.34-36

Le contexte immédiat de la première lecture (Jérémie 33) peut nous éclairer en ce début d’année liturgique : Israël peut se montrer infidèle, en aucun cas le Seigneur ne rompra son alliance. Autant imaginer que cesse l’alternance entre le jour et la nuit (v. 20) ! De même, quelles que soient nos fautes nous restons en lien avec Dieu et ce lien, dans la perspective aussi bien juive que chrétienne, est fondé sur une réciprocité qui nous engage.

Le psaume 24 complète admirablement cet enseignement. Si comme David – auquel est attribué le psaume – nous avons fauté, nous devons faire preuve d’humilité, réparer dans la mesure où c’est possible le mal que nous avons fait et retrouver les voies du Seigneur, qui sont amour et vérité. Dans une Église où il est aujourd’hui question de crime et de honte le verset 3 : Pour qui espère en toi, pas de honte, mais honte pour qui trahit prend tout son sens.

L’épître aux Thessaloniciens nous rappelle que l’annonce de l’évangile du Christ se fait dans un climat de détresse (3,4) et dans l’attente de la venue prochaine du Seigneur Jésus (4,2). Cela ne peut que nous rappeler les détresses d’aujourd’hui, mais nous sommes, en outre, confrontés à un redoutable défi ; la parousie du Fils de l’homme n’est plus imminente et retentit à nos oreilles la phrase de l‘abbé Loisy : Jésus annonçait le Royaume et c’est l’Église qui est venue.

Une réflexion du dominicain Christion Duquoc peut nous aider à comprendre en quoi consiste ce défi. L’Église n’est ni une, ni sainte, ni universelle, ni fidèle à l’enseignement des apôtres mais notre raison d’être en tant que membres de l’Église est de construire cette unité et cette sainteté, de nous ouvrir à l’universel en accueillant les hommes de différentes cultures et, enfin, de nous rappeler que notre foi est enracinée dans la foi de Shim’ôn, Andreas, Ia’acob ben Zabdi ou Iohanân pour ne citer que les plus connus des apôtres dans la traduction de Chouraqui.

Le texte de Luc s’appuie sur la science antique qui distinguait trois corps célestes : le soleil, la lune et les étoiles. Il évoque des secousses suivies de l’apparition du Fils de l’homme. Il oppose la terreur qu’inspireront ces cataclysmes et l’arrivée d’un temps nouveau de réconfort et de salut. À la lumière des découvertes des astrophysiciens nous savons que l’univers n’est pas éternel mais le concordisme entre la science et les textes bibliques est une piste à déconseiller. La réponse pratique au dérèglement climatique et autres calamités n’est pas à chercher dans l’Écriture. En revanche nous pouvons nous inspirer des injonctions des auteurs du premier et du second testaments face à des catastrophes historiques – nombreuses dans l’histoire d’Israël – ou face aux cataclysmes cosmiques redoutés. Comme eux, veillons et tenons-nous droit !
 

Jean Kalma

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