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Pentecôte : avis de naissance !

Sylvie TAMARELLE
tête de pissenlit en graines


Dimanche 31 juin 2020 – Pentecôte – Actes 2, 1-11

Avez-vous déjà observé l’étonnement et la joie d’un enfant qui souffle sur une tête de pissenlit en graines ? Il goûte la puissance du souffle et son regard jubile en observant les petites graines légères qui s’envolent, se dispersent et se posent là où le vent les emporte, lui dont on ne sait d’où il vient, ni où il va !

Ce jour-là, à Jérusalem, les pèlerins juifs venus en foule de toutes les contrées de la terre pour fêter chavouot à Jérusalem ont connu eux aussi étonnement et allégresse, en entendant chacun dans leur langue proclamer les merveilles de Dieu par ces hommes originaires de Galilée, dont pourtant il était dit que « rien ne pouvait sortir de bon ».

Du côté des disciples de Jésus ce même jour, on pourrait quasiment parler, en traduisant avec les mots d’aujourd’hui, de « confinement/dé-confinement » ! Certes ils prient ensemble mais enfermés, entre eux. Leur maître et Seigneur est mort sur une croix et le même sort risque de leur arriver : ils le savent. Ils ont peur et à la fois ils attendent car Jésus a promis, au moment de rejoindre définitivement son Père, qu’il leur enverrait la force de l’Esprit Saint.

Ce jour-là, quand Dieu se manifeste aux disciples réunis dans le cénacle sous la forme d’un violent coup de vent et que des langues de feu se répartissent sur les disciples enfermés puis les propulsent au milieu de la foule pour annoncer la résurrection, l’Église naît !

En tout cas, c’est la naissance d’un peuple de témoins qui proclame que le royaume de Dieu est pour tous et dès maintenant. Par le souffle de l’Esprit, soudain la Parole est libérée et chacun peut l’entendre dans sa propre langue. Nouvelle pentecôte ! Ce n’est plus la loi qui est donnée pour constituer le peuple élu, c’est désormais l’ensemble des nations qui reçoit le don de l’Esprit.

Ils sont loin les temps mythiques de Babel où les hommes ne parlaient qu’une seule langue, ne travaillaient qu’à un seul projet : bâtir frénétiquement une tour pour atteindre le ciel. C’est maintenant la parole qui rejoint chacun dans la diversité des langues, c’est-à-dire dans son identité propre sans barrière de compréhension, ni de lieu.

Pentecôte 2020 : cette année les conditions sanitaires et de prévention ne permettront pas de vivre la messe de la pentecôte « en présentiel ». Cette distanciation que nous venons de vivre au quotidien nous a fait goûter, par défaut, toute la joie qu’il y a d’habitude à se retrouver pour prier Dieu. Je l’avoue : j’ai hâte que les gestes barrière laissent place aux embrassades. J’aspire à retrouver les paroissiens, à leur serrer la main chaleureusement sans gel hydro-alcoolisé, à partager de visu leur joie, leur peine, à chanter ensemble démasqués, d’un même cœur. J’attends de pouvoir échanger le signe de la paix avec encore plus de gratitude que lorsque nous applaudissions à 20h tous les soignants, de processionner et de tendre les mains jointes pour accueillir le corps du Christ…

Et pourtant cette période est aussi l’occasion de nous questionner sur le sens que nous donnons à « la présence réelle ». Car privés d’eucharistie, serions-nous privés de la présence du Christ ? En ce jour de pentecôte, Dieu le père et son fils nous offrent une nouvelle façon de se rendre présents par le don de l’Esprit.

Peuple renouvelé, nous sommes appelés à entrer en relation, à témoigner de la puissance de vie du Seigneur, pour chacun. Alors demandons à l’Esprit de nous apprendre à parler la langue des autres pour vraiment les rejoindre dans leur identité et leur culture puis laissons l’Esprit faire son travail !


Sylvie Tamarelle – le 26 mai 2020

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