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Le pasteur et les brebis

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Jacques NEIRYNCK
pasteur et brebis
Pasteur et brebis @ Divesh Ray @ pxhere.com - Domaine public


Dimanche 18 juillet 2021 – 16e dimanche du temps ordinaire – Jr 23, 1-6 - Ep 2, 13-18 - Mc 6, 30-34

Le thème récurrent des trois lectures de ce dimanche est la relation entre le berger et le troupeau, images du chef et du peuple. Cette question se pose à la fois dans le politique et dans le spirituel. A l’époque de Jérémie, le VIe siècle avant notre ère, le royaume de Juda périclite entre les mains de rois qui sont de mauvais chefs. Ils conduiront le pays à la ruine et le peuple à la déportation. Depuis, nombre de royaumes se sont effondrés et autant de peuples ont dû quitter leur terre. Mais la fin de la prophétie annonce la venue d’un bon roi qui gouvernera selon le droit et la justice.

Si l’on compare les institutions actuelles avec les systèmes politiques de l’époque, qui étaient des dictatures sauf rares exceptions, on peut déchiffrer que la prophétie se réalise, non comme une prédiction, mais sous forme d’une aspiration qui est enfin comblée en partie. Il existe des Etats de Droit qui appliquent cette immémoriale requête de la Bible. Sans que nous le réalisions assez, nous vivons dans une société civile qui a intériorisé le message du Christ, de façon imparfaite, mais tout de même tangible. Le politique dispose parfois de bons bergers.

Qu’en est-il du spirituel, sur lequel porte l’évangile ? Jésus comprend que le culte existant ne répond pas aux besoins de ce peuple qu’il prend en pitié. La réponse vaut pour aujourd’hui. Il n’existe pas uniquement de bons pasteurs, parce que les bergers spirituels sont des hommes forcément faillibles. Certains pasteurs ecclésiastiques ont violé des exigences élémentaires de la morale qu’ils prêchaient. D’autres mènent le troupeau loin des pâturages.

Les lectures nous invitent ainsi à repenser la relation entre les fidèles et le clergé, non pas dans un esprit de contestation revendicative, mais de dialogue ouvert et serein. Comme le dit l’évangile, le Christ s’est mis à enseigner longuement devant le désarroi du peuple. Cette prédication doit inspirer cette relation tellement difficile entre un pouvoir spirituel absolu et des fidèles récalcitrants.

L’épitre rappelle que cet enseignement consiste à détruire le mur de la haine qui sépare les hommes et à instaurer la paix. Notre époque a produit des artisans de paix tout à fait remarquables, Martin Luther King, Nelson Mandela, Mère Teresa, Mahatma Gandhi, des Prix Nobel de la Paix, de nombreux artisans discrets dans les organisations humanitaires. La guerre, jadis occasion de gloire pour des rois, est devenue un objet de réprobation. Elle est malheureusement remplacée par une farouche compétition économique qui entraine de nombreuses victimes

Ce dimanche invite d’abord à se sentir concerné par tous les responsables de la paix, les dirigeants politiques et les pasteurs des Eglises.  Cela ne signifie pas qu’il suffise de prier pour avoir de bons pasteurs car ils ne sont pas désignés par une prescription du ciel : les pasteurs spirituels devraient dériver des fidèles, tout comme les dirigeants politiques sont actuellement les élus du peuple.

Pensons aussi aux brebis qui sont privés de bergers politiques : les peuples soumis à la guerre faute de gouvernance, les migrants poussés par la misère et l’insécurité, les sans domicile fixe, les drogués, les sans-papiers.

Pensons enfin aux brebis sans pasteurs spirituels : ceux qui se sentent incroyants et qui sortent des Eglises même s’ils y furent baptisés. Ils ne parviennent plus à supporter l’image contrefaite du Père céleste qui les écarte de la Foi. A nous tous de donner une image des croyants conforme à l’enseignement de Jésus de Nazareth.


Jacques Neirynck

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