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Pas si simple !

Hubert CORNUDET
Pharisien et publicain
Pharisien et publicain © Rvalette @ Creative Commons (CC BY-SA 3.0)


Dimanche 27 octobre 2019 – 30e dimanche du temps – Lc 18, 9-14

Bien entendu, nous ne sommes pas suffisants comme le pharisien ! Nous ne nous considérons pas au-dessus des autres à la manière de ce zélé de la stricte observance religieuse ! Jamais dans notre prière nous ne disons à Dieu : « Regarde, Dieu, comme je suis bien ! Je vais à la messe tous les jours. Je jeûne tous les vendredis. Je n’oublie jamais ma prière du soir. Je suis d’une honnêteté parfaite. Je n’ai jamais envie de pratiquer quelque forme d’adultère que ce soit. Je donne le dixième de ce que je gagne aux pauvres et à l’Église… »

Évidemment que nous ne disons pas cela ! Car menteurs et adultères nous le sommes tous un peu si ce n’est beaucoup ! On peut venir vers Dieu en disant : « Excuse-moi, Dieu, je suis vraiment un piètre pratiquant. Je ne fais pas tout ce que je devrais faire. Je suis même plutôt au service minimum… » Dieu est bon, alors il comprendra ! C’est ce qui s’appelle "l’auto-absolution". Je me "justifie" moi-même. À Dieu je demande d’être simplement spectateur bienveillant de la décision d’acquittement que je prononce en ma faveur…

Mais en agissant ainsi, n’introduisons-nous pas un autre personnage dans l’histoire ? L’arnaqueur de Dieu ! Celui qui croit pouvoir rouler Dieu en lui racontant des "salades" finalement aussi haïssables que les propos suffisants du pharisien ! Et ne ressemblons-nous pas davantage, en fait, au pharisien qu’au publicain de la parabole ? Car ne faisons-nous pas, plus ou moins consciemment, une comparaison : « Tu vois, Dieu, je suis plein d’humilité, pas comme ces pratiquants bon chic bon genre qui ont toujours le Bon Dieu à la bouche, l’adoration du Saint-Sacrement par-ci, la confession individuelle par-là ou encore la récitation du rosaire. J’y vais pas trop sur la pratique, mais au moins je ne suis pas un hypocrite, moi ! » Pas si sûr…

Le juste n'est pas celui qui croit l'être. Celui qui demande la miséricorde devient un homme juste, un homme "justifié" et "ajusté" à l'amour de Dieu. La prière du publicain touche le cœur de Dieu : « Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. » Il y a des façons subtiles de s'identifier au publicain alors qu'en fait nous sommes pharisiens.


Hubert Cornudet op

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