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Partir à la suite de Jésus

Vianney DANET
Christ avec ses disciples
Christ with his disciples © A.N. Mironov @ Creative Commons CC BY-SA 4.0


Dimanche 30 juin 2019 – 13e dimanche du temps – Ga 5, 1.13-18 ; Lc 9, 51-62

« Je te suivrai, où tu iras j´irai, j’irai, fidèle comme une ombre, jusqu’à destination… » Pourquoi ne pas reprendre cette chanson de Sheila pour se mettre à la suite de Jésus ? Peut-être parce que vu comme une chanson, c’est trop beau !

Selon Luc, Jésus nous est enlevé ; Dieu prend Jésus à lui, proche en cela de l'évangile de Jean (ch 13 et 14) où Jésus annonce qu'il va nous quitter. Chez Jean un dialogue s'installe avec les disciples : Jésus dit qu'il reviendra, qu'il va leur trouver une place ; eux veulent le suivre et ne comprennent pas pourquoi Il ne veut pas  d'eux. L'instruction principale chez Jean est « aimez-vous les uns les autres […] à ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples ». Avec Luc, le dialogue est réduit. Le discours est rude, sans concession. Le chemin est étroit, les conditions pour suivre Jésus sont exigeantes, peu enthousiasmantes : pas d'endroit où reposer la tête, pas de temps pour dire adieu à son père, pas même le temps d’un au revoir. Et cette phrase, souvent entendue, énigmatique : « Laisse les morts enterrer leurs morts. » Y a-t-il plus important que d'accompagner nos parents en fin de vie et jusqu'à la tombe ? Y aurait-il la crainte qu’un retour à la vie « normale », ordinaire, ne permette pas de s'engager pleinement à la suite de Jésus ?

Plus loin, Luc nous dit « si quelqu'un vient à moi sans haïr (se détacher totalement de) son père, sa mère, sa femme, ses enfants, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple ». Dure, dure, cette demande de détachement complet et immédiat de tout ce qui nous paraît donner sens à notre vie. Peut-être est-ce pour atténuer cette dureté que Paul, dans son épître aux Galates, nous exhorte à être vraiment libres : au service les uns des autres et conduits par l'Esprit. N’est-ce pas cela la suite de Jésus, un affranchissement du simple rôle « d’assujettis » de la Loi ? La dureté exprimée par Luc veut-elle dire que suivre Jésus c’est aller au bout de la Loi, non dans sa seule lettre, mais dans son sens profond. Ainsi, honorer, aimer son père ne se manifeste pas qu’à l’approche de la mort. Il y a un temps pour tout et quand le temps de suivre Jésus vient, il n’est plus temps des adieux à la famille, aux voisins, au passé mais vient celui de suivre, sans conformisme, ce Jésus qu'ils ont vu accomplir tant de belles et bonnes choses (multiplication des pains, transfiguration). Proche de Jean : partir pour chercher « la vérité, et la vie », devient dans ce récit de Luc partir, désencombré pour suivre Jésus !

Ce chemin est destiné à tous, d’où en Luc ce dialogue impersonnel, sans affects, contrairement à celui de Jean. Un récit sans particularisme, sans hiérarchie ; une façon de dire l’appel, sans prérogatives, à suivre Jésus non pas seul mais en exerçant notre liberté au service les uns des autres. Et si ce chemin a des exigences humaines fortes, il est à tout instant tourné vers la vie et l'espérance à venir pour tous.

Alors oui « Où tu iras j'irai... » !


Vianney Danet

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