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Notre transfiguration

Bernard PAILLOT
transfiguration
transfiguration © max_gloin @ Pixabay - Domaine public


Dimanche 28 février 2021 – 2e dimanche de Carême –Mc 9, 2-10

Le récit de la transfiguration ne nous étonne pas. Notre éducation chrétienne nous fait immédiatement dire qu’il s’agit de Jésus qui se donne à voir comme étant Dieu, et les disciples, pourtant choisis, ne comprennent pas ce qu’ils voient et entendent.

Pour exprimer l’indicible ce récit emprunte des images bien connues des Juifs : la montagne où Moïse est attiré par un buisson en feu qui ne se consume pas et d’où il entend la voix de Dieu (Ex 3) ; la montagne du Sinaï où la fumée montait, comme d’une fournaise, et qui tremblait tandis que Moïse parlait, et que Dieu lui répondait dans les nuées (Ex19) ; la montagne encore où le Seigneur annonce son passage à Élie et le surprend par sa présence dans la brise légère (1R 19).

C’est donc au travers de la culture juive que la transfiguration de Jésus évoque Moïse et Élie à Pierre, Jacques et Jean et qu’ils veulent dresser trois tentes. Leur religion les aide à interpréter mais les conditionne aussi : Jésus ne leur apparait pas comme LE tout-autre mais comme un grand prophète.
C’est pour quoi Jésus leur demande de se taire jusqu’à ce qu’il ressuscite, ce qui accroît la perplexité des disciples. Cette précision de Marc est importante : elle indique que c’est après la mort et la résurrection de Jésus que sa divinité fut comprise par ses disciples, révélée...
Les évangiles, rédigés a posteriori, interprètent pour nous ce que Jésus a dit et fait et qui n’avait pas toujours été compris sur le moment.

Dans ce chemin vers Pâques que propose le cycle liturgique, demandons-nous ce que veut dire « ressusciter d’entre les morts ». Essayons d’imaginer que nous sommes contemporains de l’homme nommé Jésus. Regardons-le, écoutons-le. Ensuite seulement pensons à la résurrection. Jésus « devient » le Christ. Quelles conséquences pour nous, pour notre vie ?

C’est dire, pour nous comme pour les évangélistes, l’importance de la relecture de nos vies. C’est grâce à la relecture que nous pouvons dire : « bon sang, mais c’est bien sûr ! Dieu était là je ne l’avais pas reconnu ! » La rencontre de Dieu est toujours une surprise. Ne nous laissons pas enfermer par nos habitudes, nos connaissances, nos préjugés, mais apprenons à nous laisser surprendre !

Dieu qui a pris la condition humaine est toujours avec nous, transfiguré :

  • réunis pour prier, il est au milieu de nous, en nous ;
  • il est dans ceux qui souffrent et qui pleurent, dans le pauvre ou l’infirme laissé au bord de la route.

Il est aussi dans le sourire des personne seules que l’on visite, des malades que l’on soigne, des étrangers que l’on accueille. C’est ce que Jésus dit en Mt 25 : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
           
Voilà la transfiguration… de tous les jours !


Bernard Paillot

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