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Noël, c’est…

Sylvie TAMARELLE
Cadeau de Noël


Dimanche 5 janvier 2020 – Épiphanie du Seigneur– Is 60, 1-6 ; Mt 2, 1-12

« Les mages entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère… lui offrirent leurs présents » : cadeau !

Fête de Noël, repas festif, veillée paroissiale : cadeau.

Au pied du sapin devant les yeux émerveillés des enfants : cadeaux.

Noël, Dieu s’incarne en Jésus pour rejoindre l’humanité qu’il a créé. Il prend chair et choisit la fragilité d’un nouveau-né pour se révéler : Dieu s’offre en cadeau.


J’ai toujours été étonnée par les cadeaux que les mages offrent à l’enfant Jésus : de l’or, de la myrrhe et de l’encens. On a souvent pensé qu’ils étaient rois devant la magnificence des présents apportés. Les représentations picturales ont continué de soutenir notre imaginaire. Des caravanes somptueuses aux multiples chameaux portant des coffres débordant de présents fastueux. Des mages richement habillés .Nous avons besoin de merveilleux.

Elle devait être bien particulière cette étoile pour que ces étrangers venant de l’orient, ces mages habitués à lire les signes astraux pour en discerner le sens, décident de la suivre. Elle les mène à la ville de Jérusalem, la ville sainte par excellence. Les prophètes n’ont-ils pas écrit que tous les peuples convergeraient vers elle ? « Debout Jérusalem ! Réjouis-toi. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. »

Pendant quelque temps l’étoile ne semble plus briller puisque les mages doivent interroger Hérode : « Où est le roi des juifs qui vient de naitre ? » Des « rois » étrangers demandent à venir se prosterner devant un roi nouveau-né, en s’adressant au roi en place. Est-ce une histoire de puissants ? Le texte parle alors sobrement de « bouleversement ».

Fin du merveilleux, l’histoire glisse vers le sordide. Hérode, puissant et violent monarque qui n’a pas hésité à tuer ses fils pour garder le pouvoir à tout prix, murit une jalousie meurtrière .Le récit de Mathieu raconte ensuite l’extermination de tous les nouveau-nés de moins de 2 ans pour éliminer le nouveau-né royal, prétendant supposé, inconnu.

Les habitants de Jérusalem aussi sont bouleversés mais pas de la même manière. Ils attendent un messie, un roi, un guide qui rétablira la justice et la paix car d’autres prophéties ont annoncé : « De toi Bethléem sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple. » Joie, bouleversement, cadeau !

L’étoile brille à nouveau puis reprend sa course et s’arrête en regard de la petite ville de Bethléem à peu de distance de Jérusalem, au-dessus d’une maison et non d’un palais. Il semble que le spot lumineux divin se soit déplacé pour décaler notre regard.

Avant même de voir l’enfant-roi, les mages exultent de joie : « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. » Ils vivent l’intime conviction que leur quête arrive à son terme : Dieu leur donne rendez-vous là. C’est ce mystère manifesté qui les fait tressaillir au plus profond de leur être : cadeau !

« Ils virent l’enfant avec Marie… et lui offrirent leurs présents » : de l’or signe de royauté, de la myrrhe qui rappelle l’ensevelissement et de l’encens signe de divinité.

Mais alors, nous qui ne sommes pas rois, que pouvons-nous offrir aux pieds de l’enfant Jésus ? Ne cherchons pas trop loin. Nos vies sans nul doute ! Nos bonheurs qui brillent comme l’or, nos souffrances que la myrrhe peut atténuer, notre espérance qui monte comme l’encens jusqu’à Dieu.

Noël, c’est cadeau !


Sylvie Tamarelle

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