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Ne pas craindre, faire confiance, laisser la Vie s’épanouir

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Michel MENVIELLE
La guerison de la fille de Jaire
La guerison de la fille de Jaire © G.Garitan @ Wikimedia Commons - CC BY-SA 3.0


Dimanche 27 juin 2021 – 13e dimanche du temps ordinaire – Mc 5, 21-43

Jésus vient de débarquer. Une foule arrive. Un notable, Jaïre, tombe à ses pieds. Il le supplie en exprimant sa détresse (« Ma fillette est à sa fin ») et sa confiance en Jésus (« viens, […] elle vivra »). Comme le lépreux (Mc 1, 40), il parle à Jésus, il noue une relation avec lui sans l’enfermer dans une vision, réductrice, de guérisseur ou d’exorciste. Jésus s’en va avec lui. Malgré l’annonce de la mort de sa fille, Jaïre garde confiance en Jésus. Il rentre avec lui là où est sa fille, dont Jésus saisit la main en disant : « Fillette, je te dis, réveille-toi. » Aussitôt la fillette se lève et marche. Jésus dit qu’il lui soit donné à manger.

La foule qui accompagne Jésus se presse autour de lui. Une femme s’approche par derrière. Elle souffre d’un flux de sang depuis 12 ans. Soignée sans résultat par de nombreux médecins, elle pense être sauvée si du moins elle touche les vêtements de Jésus. Ce qu’elle fait. Aussitôt, elle ressent qu’elle est guérie (v. 29). Jésus, conscient qu’une force est sorte de lui, interroge : « Qui m’a touché ? » La femme, effrayée et tremblante, tombe auprès de lui et lui dit toute la vérité. La question de Jésus a transformé le lien magique en relation : Jésus constate alors qu’elle est sauvée (v. 34).

Une parole, un geste inscrits dans une relation : la maladie incurable est guérie, l’enfant que l’on croyait mort se réveille. Ce dont Marc nous fait ici récit semble bien loin de notre expérience quotidienne… Voire insupportable pour qui est blessé dans son être par de telles épreuves. Que peut nous dire ce texte, ici et maintenant ?

La femme avec un flux de sang et la fille de Jaïre vivent des situations qui empêchent l’épanouissement de la vie. La femme, en état de menstruation permanente, perd de la vie avec son sang : incapable de procréer, elle est également impure, ainsi que l’homme qui couche avec elle (Lv 15, 24). Bien qu’elle soit pubère (elle a 12 ans), la fille de Jaïre est désignée par son père comme une fillette (v. 23) : refus de voir sa fille devenir femme et de laisser s’épanouir la vie en elle, refus que Jésus constate en la désignant comme une enfant de moins de 7 ans[1] (v. 39).

Confrontés à ces situations où l’épanouissement de la vie est entravé, cette femme et Jaïre manifestent, chacun à leur façon, une confiance absolue dans les forces de Vie qui les habitent. Confiance qui leur donne la force de ne pas se résigner, d’aller vers Jésus et de tenir bon. Jésus les accueille comme ils sont et les invite à vivre : il invite la femme à aller, saine, vers la paix de l’âme ; il éveille la fillette, qui se lève et marche ; il invite Jaïre et sa femme à nourrir leur fille.

Ces récits de rencontres ne sont-ils pas signe qu’une relation en vérité peut libérer la Vie en chacun, là où il en est ? Signe qu’écouter et laisser s’exprimer ce qui sourd de ce lieu intime où résident les forces de Vie qui nous habitent peut nous permettre, ici et maintenant, d’éloigner ce qui empêche l’épanouissement de la Vie ?


Michel Menvielle


[1] Le mot grec utilisé aux v ; 39, 40  et 41 désigne un petit enfant au-dessous de sept ans

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