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Love, amor, amour !

Hubert CORNUDET
Amour
Domaine public


Dimanche 3 février 2019 (année C) – 4e dimanche du temps – 1Co 12, 31- 13, 13

Au hit-parade des lectures lors des cérémonies de mariages ou bien encore lors des offices inter-religieux, cet hymne à la charité de Saint Paul tient certainement la tête du classement. Le mot grec agapè, après avoir été traduit en latin par caritas, est désormais traduit par le mot amour.
Love, amor, amour sont des mots-valises qui sont si chargés que les résonances du texte perdent en saveur.
Bien entendu il ne s’agit pas de l’éros ni de la philia et pourtant il est bien question de tendresse, d’attachement, d’amabilité, d’affection, de dévouement, de bienveillance. Bien d’autres synonymes sont possibles pour introduire à la richesse de l’agapè. Faites l’expérience de relire le texte en remplaçant amour par un des noms pré-cités. En tout cas il est question d’aimer l’autre avec une haute estime de lui ou d’elle-même.
Paul écrit aux Corinthiens qui semblent satisfaits de leur conversion et il va leur démontrer, notamment, que les prophéties qui parcourent la ville peuvent induire en erreur. Il ne faut pas être naïf. C’est l’amour et le don qui sont le tissu de l’Église. Les Corinthiens s’estiment irréprochables mais s’aiment-ils vraiment ? Nous sommes comme des enfants qui ne voient que les reflets des choses (v.12) et donc nous sommes éloignés de l’intimité de Dieu et nous constaterons que nos dons de prophétie et nos connaissances sont bien fragiles.
Ne pas confondre le temporaire avec Dieu qui est Amour. Seul l’amour est éternel. La foi et l’espérance ne sont jamais acquises contrairement à l’amour qui seul dure. Demandez donc aux couples qui ont vécu un long parcours conjugal ce que peut être l’amour par-delà les difficultés d’une route à deux !
L’amour reste inchangé puisque c'est dans le véritable caractère de Dieu. Dieu est amour et il ne changera pas. Apprendre à s'aimer les uns les autres est enraciné dans le caractère de Dieu et ne sera jamais redondant – maintenant ou au ciel. Je termine avec une citation paradoxale mais si éclairante d’André Froissard : « S’il n’y avait la souffrance comme témoin, on ne saurait pas si on aime. C’est un témoignage irréfutable. Aimer c’est toujours une déchirure. » Songeons-y quand nous contemplons le mystère de la croix du Christ !


Hubert Cornudet

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