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Dans l’attente d’un Dieu qui vient.

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Jean KALMAN
Attente
Attente © Ümit Bulut @ unsplash.com - Domaine public


Dimanche 5 décembre 2020 – 2e dimanche de l’Avent – Ba 5, 1-9 ; Ps 125 ; Ph 1, 4-6.8-11 ; Lc 3, 1-6

La première lecture nous renvoie au retour à Sion des Fils d’Israël après 60 années d’exil à Babylone. Si la déportation est attribuée à un ennemi détestable, la libération, elle, est attribuée à la geste libératrice d’un Dieu que le peuple est invité à célébrer par une attitude joyeuse et un comportement juste. Le psaume 126-125 chante cette liberté retrouvée Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie ! Mais n’en faisons pas une théologie de la souffrance dont nous sortirions automatiquement vainqueurs. Certains connaîtront les pleurs sans être consolés ; d’autres traverseront des épreuves et sauront trouver un chemin de résilience.

L’épître aux Philippiens est adressée aux responsables et aux ministres de l’Église qui est à Philippes : c’est ainsi que la bible de la liturgie traduit episkopoi et diakonoi. C’est l’occasion de nous rappeler que les évêques d’aujourd’hui ont pour lointains ancêtres ces hommes et ces femmes en situation de responsabilité – une responsabilité exercée de manière collective. Et, ici, il n’est pas question de presbiteroi. Autre distance avec ce que nous connaissons aujourd’hui, comment ne pas être frappé par l’insistance sur la proximité du Jour du Christ ? Il nous faut nous rappeler cette attente pour mieux faire le deuil de la venue d’un Messie glorieux, et mettre l’accent sur les recommandations qui sont faites aux destinataires de l’épître : faire œuvre de clairvoyance et de discernement, s’investir dans des gestes d’amour et dans la prière de louange, bref faire siennes les voies de la sagesse.

Luc prétend faire œuvre d’historien, mais il l’est comme on pouvait l’être à son époque. Ses références sont discutables : Pilate avait effectivement pris la place d’Archelaüs, l’un des fils d’Hérode le grand, mais on ne sait pas pour quelle raison Luc évoque la province d’Abilène et on ne sait rien de sûr à propos de Lysanias. Quoi qu’il en soit, nous sommes renvoyés à la grande histoire qui fait sens malgré ses épisodes chaotiques, et aux incertitudes liées à l’absence de sources fiables.

François Bovon nous fait remarquer que Luc semble reconnaître l’Empire romain comme le cadre donné de l’intervention divine. Le Premier Testament fait en effet état de deux courants contradictoires : l’un qui aspire à la restauration de la dynastie davidique et l’autre pour lequel la royauté est un échec et qui se satisfait d’une vie en diaspora à la lumière de la Torah. Le génie de la bible hébraïque a été de faire coexister les deux courants sans dissimuler la tension que cela suscite.
Le christianisme se réclame du second courant, mais il a aussi mis en place des institutions que l'on s'attendrait à trouver dans un empire et où la voix prophétique n’avait guère sa place. À l’inverse, il est périlleux de croire que la bonne nouvelle peut s’annoncer et se vivre sans un minimum de règles, de structures et de hiérarchie.


Jean Kalma

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