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L’amour comme pointe de la loi et non pas comme pointe de l’amour

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Paule ZELLITCH
Impasse-Saint-Eustache-Paris
Impasse-Saint-Eustache-Paris © Celette @ Creative Commons (CC BY-SA 3.0)


Dimanche 18 octobre 2020 – 30e dimanche du temps – Mt 22, 34-40 

Regarder de plus près cette juxtaposition de textes est riche en enseignements. Ce type d’assemblage nous raconte l’histoire d’une impasse d’où naissent les dysfonctionnements : le refus, l’oubli, le remisage de la Loi. Et ces dysfonctionnements sont aggravés quand la loi est recouverte par l’amour, ce concept contre lequel il est difficile de penser.

Pourtant, Jésus a une position claire, au sujet de l’amour comme au sujet de la loi, tout simplement parce que les deux sont essentiels à une vie pleinement humaine et socialisée.

Le plus grand des commandements ?

Dans la tradition de Jésus et des disciples, dire que le commandement le plus grand est celui de l’amour signifie que ce commandement-là, précisément, contient tous les autres ou que tous les commandements bien compris doivent y conduire. Hillel ne disait-il pas aussi qu’observer un seul des commandements c’est observer toute la loi ?

Mais quand une loi préexistante à l’amour n’est pas posée, il n’y pas d’amour fécond possible. L’amour est non pervers quand il a rencontré une loi fondatrice qui agit comme principe de séparation qui respecte l’altérité, toujours favorable à l’avènement d’un sujet responsable de ses actes, face aux autres et face à Dieu. 

Jésus déclare ne pas être venu pour changer un iota[1] de la loi mais pour l’accomplir. Accomplir la loi c’est l’intérioriser au point de ne plus être un tâcheron, mais un virtuose du bien. La suite de Jésus, sur la terre, pourrait bien avoir ce parfum-là.

Or, le baptême ne fait de nous ni des as de l’amour ni des virtuoses de la loi. Qui ne voit pas que les scandales multiples en Église nous assignent à reprendre cette question de la loi et de l’amour à frais nouveaux. Moins de trémolos, d’incantations, de demandes de pardon sans conversions profondes, mais un effort véritable pour sortir et faire sortir d’un univers fantasmé et narcissique. Désormais, le réel et les actes concrets qu’il appelle devraient être dans tous les esprits. Et si la sortie d’Egypte de notre Église était là ?

Gardons à l’esprit le fameux « déjà-là et pas encore », cette tension magnifique qui fait de nous des co-responsables d’un monde meilleur et jamais des parvenus, ni de l’éthique, ni de l’amour, ni de la foi. Le cœur des évangiles palpite ici, précisément.


Paule Zellitch


[1] Iota qui est, rappelons-le, la plus petite des lettres de l’alphabet grec.

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