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Le jour où Jésus a dit « STOP » !

Sylvie TAMARELLE
Jésus chasse les marchands du Temple
Jésus chasse les marchands du Temple © jean louis mazieres @ flickr - Creative Commons (CC BY-SA 2.0)


Dimanche 7 mars 2021 – 3e dimanche de Carême – Jn 2, 13-25

J’aime ce récit, unique en son genre, où Jésus chasse les marchands du Temple, car il nous montre un visage de Jésus différent, un visage très humain : oui, Jésus a éprouvé la colère et une certaine violence. Enfin n’exagérons rien, il n’y a eu ni bain de sang, ni mort à déplorer !

On connait les paroles dures de Jésus à l’encontre des pharisiens mais là ce sont ses actes qui sont violents : Jésus menace d’un fouet, les tables des changeurs sont renversées, les animaux s’enfuient ainsi que les commerçants apeurés. Jésus serait-il devenu impulsif ? En tout cas il a éprouvé la violence de la colère.

Il est parfois dit que c’est une « sainte » colère, comme s’il fallait la rendre acceptable : Jésus, supposé sans péché, n’aurait pu « se laisser déborder » par un accès de violence. Elle me semble plutôt « saine », cette colère, en ce sens qu’elle exprime une limite atteinte. STOP ! La façon dont vous honorez mon père est dévoyée : on ne marchande pas avec Dieu. Ce culte sacrificiel du Temple n’a plus lieu d’être. Plus loin dans l’évangile de Jean, Jésus précisera lors de sa rencontre avec la Samaritaine que l’heure vient d’adorer en esprit et en vérité.  

Ces quelques coups de fouet sont en fait un séisme, l’origine d’une véritable crise car toute la religion juive avec sa caste de prêtres s’appuie sur le culte au Temple de Jérusalem, présence de Dieu dans le saint des saints. Les pharisiens ne s’y trompent pas qui demandent à Jésus d’où il tient son autorité pour agir de la sorte. Pleinement humain dans ce récit, Jésus se révèle aussi pleinement Dieu, dans une intimité telle qu’il n’hésite pas à affirmer, parlant de lui-même : « détruisez ce sanctuaire et en 3 jours je le relèverai. »

Cette colère me renvoie à une autre histoire de crise : celle du déluge en Gn 8. Dans ce récit mythique la colère qui se manifeste dit STOP à la corruption. Et c’est l’Alliance définitive qui vient, reçue symboliquement par Noé sous la forme d’un arc en ciel. C’est l’histoire d’une crise salvatrice.

« La Covid 9 est notre moment de Noé » écrit le pape François (Un temps pour changer) Ce temps de tempête, de crise, où une nouvelle chance nous est donnée de vivre différemment. Cette crise de la Covid révèle nos abus et leurs limites et nous invite à changer radicalement. Nous avons fait commerce à outrance des biens de notre terre : STOP ! Comment allons-nous désormais habiter la terre, faire alliance pour relever les défis qui nous attendent ?

C’est à une conversion humaine d’abord que nous sommes appelés mais qui suppose que nous cultivions l’espérance en l’avenir. Ce temps vers Pâques nous invite à regarder la croix. Jésus, n’ignorait rien de la faiblesse de notre humanité, et pourtant il a donné sa vie pour nous. Y-a-t-il meilleur modèle d’espérance ?


Sylvie Tamarelle

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