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Joie et paix

José Antonio PAGOLA
Joie et paix
Joie et paix © TheDigitalArtist @ Pixabay - Domaine public


Dimanche 19 avril 2019 – 2e dimanche de Pâques – Jn 20, 19-31

Ce n’était pas facile pour les disciples d’exprimer ce qu’ils vivaient. On les voit avoir recours à toute sorte de ressources narratives. Le noyau, cependant, reste toujours le même : Jésus vit et est à nouveau avec eux. C’est ce qui est décisif. Ils recouvrent un Jésus plein de vie.

Les disciples rencontrent celui qui les a appelés et qu’ils ont abandonné. Les femmes embrassent celui qui a défendu leur dignité et les a accueillies comme des amies. Pierre pleure quand il le voit : il ne sait plus s’il l’aime plus que les autres, il sait seulement qu’il l’aime. Marie de Magdala ouvre son cœur à celui qui l’a séduite pour toujours. Les pauvres, les prostituées et les indésirables le sentent de nouveau proche, comme dans ces repas inoubliables avec lui.

Ce ne sera plus comme en Galilée. Ils devront apprendre à vivre de la foi. Ils devront se remplir de son Esprit. Ils devront se souvenir de ses paroles et actualiser ses gestes. Mais Jésus, le Seigneur, est avec eux, plein de vie pour toujours.

Tout le monde vit la même expérience : une paix profonde et une joie débordante. Les sources évangéliques, toujours si sobres lorsqu’elles parlent de sentiments, le soulignent sans cesse : le Ressuscité éveille en eux joie et paix. Cette expérience est si centrale qu’on peut dire, sans exagérer, que c’est de cette paix et de cette joie qu’est née la force évangélisatrice des disciples de Jésus.

Où est aujourd’hui cette joie dans une Église parfois si fatiguée, si sérieuse, si peu souriante, avec si peu d’humour et d’humilité pour reconnaître sans problème ses erreurs et ses limites ? Où est cette paix dans une Église si pleine de peurs, si obsédée par ses propres problèmes, cherchant si souvent sa propre défense plutôt que le bonheur des gens ?

Combien de temps pourrons-nous continuer à défendre nos doctrines d’une manière aussi monotone qu’ennuyeuse si, en même temps, nous ne faisons pas l’expérience de la joie de « vivre en Christ » ? Qui notre foi attirera-t-elle si, parfois, nous ne pouvons même plus feindre que nous en vivons ?

Et si nous ne vivons pas du Ressuscité, qui va remplir notre cœur ? Où va se nourrir notre joie ? Et si la joie qui jaillit de lui nous manque, qui communiquera quelque chose de « nouveau et de bon » à ceux qui doutent ? Qui nous apprendra à croire d’une manière plus vivante ? Qui donnera de l’espoir à ceux qui souffrent ?
 

José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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