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Une indifférence grandissante

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José Antonio PAGOLA
La Grave - église et chapelle
La Grave - église et chapelle © Mongolo1984 @ Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)


Dimanche 29 août 2021 – 22e dimanche du temps ordinaire – Mc 7, 1-8.14-15.21-23

La crise religieuse évolue progressivement vers l’indifférence. D’ordinaire, on ne peut pas véritablement parler d’athéisme, ni même d’agnosticisme. Ce qui définit le mieux la position de beaucoup, c’est une indifférence religieuse où il n’y a plus de questions, de doutes ou de crise.

Il n’est pas facile de décrire cette indifférence. La première chose que l’on observe est l’absence d’intérêt religieux. Dieu n’intéresse pas. La personne vit dans l’insouciance, sans nostalgie ni horizon religieux. Ce n’est pas une idéologie. Il s’agit plutôt d’une « atmosphère enveloppante » où la relation avec Dieu est diluée.

Il existe différents types d’indifférence. Certains sont en train de vivre un éloignement progressif ; ce sont des personnes qui prennent de plus en plus de distance par rapport à la foi, qui coupent les liens avec le monde religieux, qui s’éloignent de la pratique ; peu à peu, Dieu s’éteint dans leur conscience. D’autres vivent simplement absorbés par les choses du quotidien ; ils n’ont jamais été très intéressés par Dieu ; ils ont probablement reçu une éducation religieuse faible et déficiente qu’ils ont aujourd’hui complètement oubliée.

Chez certains, l’indifférence est le fruit d’un conflit religieux vécu parfois en secret ; ils ont subi des peurs ou des expériences frustrantes ; ils ne gardent pas de bons souvenirs de ce qu’ils ont vécu dans leur enfance ou leur adolescence ; ils ne veulent pas entendre parler de Dieu parce que cela leur fait mal ; ils se défendent en l’oubliant.

L’indifférence des autres est plutôt le résultat de diverses circonstances. Ils ont quitté leur village et vivent aujourd’hui différemment dans un environnement urbain ; ils ont épousé une personne peu sensible à la religion et ont changé leurs habitudes ; ils se sont séparés de leur premier conjoint et vivent dans une situation de couple non « béni » par l’Église. Ce n’est pas que ces personnes ont pris la décision d’abandonner Dieu, mais en fait leur vie s’éloigne progressivement de lui.

Il existe encore un autre type d’indifférence qui se cache derrière la piété religieuse. C’est l’indifférence de ceux qui se sont habitués à vivre la religion comme une « pratique extérieure » ou une « tradition de routine ». Nous devons tous écouter la plainte de Dieu. Jésus nous le rappelle par des paroles tirées du prophète Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »


José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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Babou

Il ne faudrait pas confondre l'absence de "pratique religieuse", ce qui se voit et peut se mesurer à l'indifférence religieuse, qui ni ne se voit ni ne se mesure.

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