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Cet homme, nommé Jésus, « reçoit d’en haut » sa pleine identité

Catherine RABOUAN
baptême du Christ
Irissarry (Pyr-Atl, Fr) vitrail Église Saint-Jean-Baptiste: baptême du Christ @ Wikimedia Commons CC0 Domaine public


Dimanche 10 janvier 2021 – Le Baptême du Seigneur – Marc 1, 7-1

L’évangile de Marc, contrairement à celui de Matthieu, ne livre aucun détail sur le nom de Jésus (« Dieu sauve ») imposé par l’ange à Joseph, avant la naissance de l’enfant. Le récit de Marc commence avec Jean, appelé le Baptiste, et Jésus de Nazareth, adulte, qui vient vers lui en Galilée. Jean est au désert, lieu où le Seigneur se manifeste, mais il est aussi au bord du Jourdain, eau du fleuve qui est vie, traversé par Josué conduisant le peuple d’Israël vers la « Terre Promise ».

Jésus demande à Jean de le baptiser dans les eaux du Jourdain, comme tous ceux qui se pressent autour de lui. Marc fait allusion au rituel de purification, exercé par Jean, loin du Temple de Jérusalem. C’est dans ce contexte baptismal que Jésus va vivre une expérience mystérieuse, sinon mystique en écho avec ce que les prophètes ont annoncé depuis longtemps. Ce baptême est une immersion totale du corps dans l’eau, symbole de la mort, suivie d’un relèvement pour vivre à nouveau. Marc ne signale aucun témoin de la scène. Jésus se soumet aux gestes de Jean et « remonte de l’eau ». À cet instant « il vit les cieux se déchirer » (et non pas le « s’ouvrir » des autres évangiles) ; ce déchirement très expressif fait écho à ce que dit le prophète Isaïe à propos de Moïse, implorant le Seigneur pour son peuple : « si tu déchirais les cieux et descendais… » (Is 63,19). La figure de Moïse et de Jésus sont ainsi rapprochées. Au moment de la mort de Jésus, Luc notera que « le rideau du Temple se déchira par le milieu » (23,45).

« L’Esprit, comme une colombe, descend sur lui », alors l’Esprit insaisissable du Seigneur investit totalement Jésus pour qu’il accomplisse sa mission jusqu’à la croix et la résurrection. L’image de la colombe rappelle Genèse (8,11) où une colombe rapporte à Noé un brin d’olivier pour lui signifier que les eaux mortelles du déluge se sont retirées et que la terre a reverdi : la vie est à nouveau possible. Une voix vient alors des cieux « déchirés » ; elle donne à Jésus son identité profonde et lui signifie l’essentiel : « Tu es mon Fils bien aimé, il m’a plu de te choisir » (autre traduction : « en toi, je me suis complu »). Marc ne précise pas vraiment à qui l’on peut attribuer cette voix, mais pour les Juifs, familiers des Écritures, il s’agit sans conteste du Seigneur-Dieu. Le Psaume 2 (v.7) présente le Roi-Messie comme « Fils » : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré » et le prophète Isaïe écrit (42,1-2) : « Voici mon serviteur, mon élu, en qui se complait mon âme, j’ai mis sur lui mon Esprit. » Jésus se reçoit donc comme Fils, Messie, Oint du Seigneur. Plus tard, Jésus sera transfiguré, entouré d’Élie le prophète et de Moïse le libérateur, choisi par Dieu, devant Pierre, Jacques et Jean, ici comme témoins ; une voix venant de la nuée proclamera à nouveau : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez-le. »

Jésus ne dira jamais de lui qu’il est « Fils de Dieu », mais Fils de l’homme. Ce sont les démons ou les esprits impurs, expulsés des personnes que Jésus guérit, qui reconnaîtront en cet homme Jésus le « Fils de Dieu » (3,11 – 5,7). Le Sanhédrin lui demandera (14,61) : « es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Jésus répondra : « Je le suis – et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite du Tout Puissant et venant avec les nuées du ciel », échos du psaume 110 et de la vision du prophète Daniel. Jésus demandera à ses disciples (8,27-29) ; « Qui suis-je au dire des hommes ?... et vous qui dites-vous que je suis ? » Pierre répondra en Marc : « Tu es le Christ », en Matthieu (16,16) : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant » et en Luc (9,20) « Le Christ de Dieu ».


Catherine Rabouan

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