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Fête de la Lumière – la flamme est si fragile...

Christine TASSET
Lumière bougie et mains
Lumière bougie et mains © PublicDomain @ Pixabay - Domaine public

Dimanche 2 février 2020 – Présentation du Seigneur au Temple – Ml 3, 1-4 ; He 2, 14-18 ; Lc 2, 22-40

Le jour des crêpes arrive ! Se souvient-on que la fête de la Chandeleur a une origine païenne sur laquelle la tradition chrétienne s’est greffée ? Les paysans parcouraient les champs en portant des flambeaux pour purifier la terre avant de semer. Au Ve siècle, le pape remplace cette coutume par la Présentation de Jésus au Temple. La tradition voulait que l’on fasse des crêpes, dont l’aspect évoque le soleil, avec la farine de l’année précédente, signe de la prospérité espérée pour l’année à venir. Quel symbole dans ce choix de date : le moment de l’année où les jours rallongent de façon significative !

Syméon est un homme âgé, qualifié de juste et religieux. Avec le peuple juif il attend un Christ, une attente qui traverse les temps comme on l’a lu dans le prophète Malachie. Il a reçu de l’Esprit l’annonce qu’il ne mourrait pas sans avoir vu le Messie du Seigneur. Or le temps passe, l’attente se prolonge, les ans s’accumulent, Syméon vieillit mais attend toujours. Ce jour-là, poussé par l’Esprit, il se rend au Temple

Qu’a vu Syméon ? À vrai dire, pas grand-chose pour ce qui est de la vue physiologique : un bébé de quarante jours amené par ses parents, une famille juive pratiquante pas très riche, le père est artisan charpentier, venue au Temple de Jérusalem présenter son nouveau-né au Seigneur comme le prescrit la Loi.
Fallait-il que les yeux du cœur du vieil homme, prenant le relais de ses yeux usés par le temps, aient gardé toute leur jeunesse et leur capacité d’émerveillement pour savoir reconnaître, au milieu de la foule du Temple, celui qui serait la Lumière du monde !

Surprise ! Ce n’est pas un personnage important, ni un prêtre du temple, ni même un adulte. C’est un bébé fragile, dépendant de ses parents, que Syméon désigne comme « lumière qui se révèle aux nations ». Il y a de l’Esprit Saint dans cette rencontre !
La rencontre entre deux visages de fragilité humaine, celle du vieillard et celle du nouveau-né, révèle un Dieu qui ne correspond pas à l’image qu’on pouvait s’en faire. Un Dieu fait humain. « Il lui fallait donc se rendre en tous points semblable à ses frères » dit Paul dans sa lettre aux Hébreux. Un Dieu modeste, discret, qui se fait entendre, pourvu qu’on soit attentif, dans le murmure léger de la brise, dans le babil d’un nouveau-né. La force de Dieu peut surgir de ce tout petit.

« Mes yeux ont vu le salut ». Syméon est heureux, émerveillé, il sent qu’il peut désormais partir en paix vers l’au-delà : il a pressenti que la promesse de Dieu d’envoyer un Christ se réalise dans ce petit enfant qu’il a tenu dans ses bras. Il pourrait être inquiet des épreuves tragiques qui attendent cet enfant et qu’il annonce à Marie et Joseph stupéfaits. Pourtant, pas d’expression de doute chez lui, une certitude paisible, profonde : Dieu tient ses promesses. Ce sont des promesses de vie en abondance.

À travers les doutes, les incertitudes, les craintes, les conflits, les menaces qui traversent notre temps, nous pouvons nous appuyer sur la foi inébranlable de Syméon.


Christine Tasset

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