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Expérience personnelle

José Antonio PAGOLA
Baptême de Jésus
Baptême de Jésus © yann-1 @ Pixabay - Domaine public


Dimanche 12 janvier 2020 – Le Baptême du Seigneur – Matthieu 3, 13-17

La rencontre avec Jean-Baptiste a été pour Jésus une expérience qui a bouleversé sa vie. Après le baptême dans les eaux du Jourdain, Jésus ne retourne plus à son travail à Nazareth ; il n’adhère pas non plus au mouvement de Jean-Baptiste. Sa vie est maintenant centrée sur un seul objectif : proclamer à tout le monde la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui veut sauver l’être humain.

Mais ce qui transforme la trajectoire de Jésus, ce ne sont pas les paroles qu’il entend des lèvres de Jean-Baptiste ni le rite purificateur du baptême. Jésus vit quelque chose de plus profond. Il se sent envahi par l’Esprit du Père. Il se reconnaît lui-même comme le Fils de Dieu. Sa vie consistera désormais à rayonner et à répandre cet amour insondable d’un Dieu- Père.

Cette expérience de Jésus a aussi un message pour nous. La foi est un cheminement personnel que chacun d’entre nous doit suivre. Ce que nous avons entendu depuis notre enfance, de nos parents et de nos éducateurs, est sans aucun doute très important. Ce que nous entendons des prêtres et des prédicateurs est aussi important. Mais, en fin de compte, nous devons toujours nous poser une question : en qui est-ce que je crois ? Est-ce que je crois en Dieu ou est-ce que je crois en ceux qui me parlent de lui ?

Nous ne devons pas oublier que la foi est toujours une expérience personnelle qui ne peut être remplacée par une obéissance aveugle à ce que les autres nous disent. De l’extérieur, on peut me guider vers la foi, mais c’est moi-même qui dois m’ouvrir à Dieu d’une manière confiante.

C’est pourquoi la foi ne consiste pas non plus à accepter simplement un certain nombre de formules. Être croyant ne dépend pas principalement du contenu doctrinal d’un catéchisme. Tout cela est sans doute très important pour façonner notre vision chrétienne de l’existence. Mais plutôt que cela, et en donnant un sens à tout cela, il y a ce dynamisme intime qui, de l’intérieur, nous amène à aimer, à croire et à toujours espérer en ce Dieu que Jésus nous a révélé.

La foi n’est pas non plus un capital que nous recevons au baptême et dont nous pouvons ensuite disposer tranquillement. Ce n’est pas quelque chose qui s’acquiert en propriété pour toujours. Être croyant, c’est vivre en permanence à l’écoute du Dieu incarné en Jésus, en apprenant à vivre jour après jour d’une manière plus épanouie et plus libre.

Cette foi n’est pas faite uniquement de certitudes. Tout au long de sa vie, le croyant vit souvent dans l’obscurité. Comme l’a dit le grand théologien Romano Guardini, « la foi, c’est avoir assez de lumière pour faire face à l’obscurité ». La foi est faite, avant tout, de fidélité. Dans les moments d’obscurité, le vrai croyant sait croire en ce qu’il a vu aux moments de lumière. Il continue toujours à chercher ce Dieu qui est au-delà de toutes nos formules claires ou obscures.

Le père de Lubac a écrit que « les idées que nous nous faisons de Dieu sont comme les vagues de la mer, sur lesquelles le nageur s’appuie pour les surmonter ». Ce qui est décisif, c’est la fidélité à ce Dieu qui se manifeste progressivement à nous à travers son Fils Jésus Christ.
 

José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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