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Une Église créative sous l’action de l’Esprit Saint

Anne-Joëlle PHILIPPART
Ascension du Seigneur
Retable dans l'église Notre-Dame de Pontorson © Damouns @ Creative Commons (CC SA 3.0)


Jeudi 30 mai 2018 – Ascension du Seigneur – Ac 1, 1-11 ; He 9, 24-28.10,19-23 ; Lc 24, 46-53

Aujourd’hui nous fêtons l’ascension, cette grande fête chrétienne qui célèbre ce moment où Jésus s’efface et confie son message à l’Église naissante. Bien peu savent que cette fête est une innovation. En effet, ce n’est qu’au quatrième  siècle qu’elle est instituée. Eh oui, dès les débuts de l’ère chrétienne, l’Église peut se montrer audacieuse et créative quand l’évangélisation le nécessite. Tout n’était pas figé à l’Ascension. Les toutes premières communautés ont dû s’organiser en puisant dans les schémas culturels et cultuels qu’ils connaissaient. Il faut bien dire que le maître n’a pas donné beaucoup de consignes ou d’interdits. Au centre de son message se trouvaient l’amour et le respect du prochain, une égalité de tous devant Dieu et une attitude faite d’humilité et de partage. Il ne semblait même pas vouloir fonder une nouvelle religion structurée avec des prêtres, un temple, des rites, des exclusions et des tabous.

Alors, que retenir de cette fête qui célèbre ce moment charnière, fondateur du christianisme ? Même si tous les récits ne concordent pas sur les circonstances exactes de son ascension-effacement, une chose est certaine, Jésus a fait confiance en la capacité de ses disciples, femmes et hommes, à continuer son œuvre. Et c’est l’essentiel. Il a même été plus loin. Comme il est dit en Marc et en Jean, c’est à tous ceux qui deviendront croyant que Jésus s’adresse et confie missions et pouvoirs (Mc 16,16-17 ; Jn 17, 20).

Un deuxième élément est tout aussi capital. Jésus, en quittant ses disciples, promet que Dieu ne laissera pas son humanité à l’abandon. Il n’est pas ce Dieu qui reste dans son atelier le dos tourné au monde. Chacun des 4 textes évangéliques parlent de l’Esprit Saint que reçoivent ou vont recevoir les disciples mais aussi tous ceux qui adhéreront à cette foi. Le rédacteur de la Lettre aux Hébreux ajoute une dimension importante, l’autonomie des fidèles devant Dieu. Tous, nous avons un seul prêtre qui guide, soutient, pardonne, apparemment sans le recours à des intermédiaires institués, attachés au temple (He 7). Quelle liberté, quelle responsabilité et quelle confiance données à tous ceux qui deviendront disciples ! Tous nous sommes rendus égaux (Ga 3) et appelés, par notre baptême, à devenir des artisans de l’alliance, des bâtisseurs de ce Royaume où coulent le lait et le miel, où les aveugles voient et les sourds entendent, où toute larme sera séchée (Ap 21), où tous pourront se désaltérer à la source véritable (Jn 4) et se nourrir du pain de vie (Jn 6).

N’ayons donc pas peur. Avançons avec audace pourvu que le message passe, pourvu que le Royaume avance, pourvu que triomphe l’amour, la charité, l’Espérance et la Foi. Notre Dieu est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour (Ex 34,6). Nous ne sommes plus des serviteurs mais des amis et il y a plusieurs demeures dans la maison du Père (Jn 14,2).
 

Anne-Joëlle Philippart

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