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Défenseur et Souffle comme aides pour porter l’enseignement de Jésus

Michel MENVIELLE
Maman et bébé
Maman et bébé © Pixabay - Domaine public


Dimanche 16 juin 2019 – Fête de la Sainte Trinité – Jn 16, 12-15

Dernière soirée de Jésus avec ses proches. Il vient de leur annoncer, à nouveau, qu’il s’en va vers le Père qui l’a envoyé et que ce départ n’est pas une séparation définitive : ils le verront de nouveau, mais autrement. Il reviendra et ils éprouveront une joie inaliénable (v. 22). Il les invite à passer du regard extérieur – du spectateur qui observe ou examine – au regard « intime »[1], tel celui du mystique ou du prophète – parfois appelé « voyant » dans le Premier Testament.

Jésus leur enverra alors le Défenseur et l’Esprit – littéralement le Souffle[2] – de vérité. Le Défenseur les protégera de la haine du monde : il leur délivrera l’enseignement de Jésus, chemin de justice ; il les aidera à discerner leur révélant la nature du prince de ce monde (v. 7-10). Le Souffle de vérité les guidera vers toute la vérité, les instruisant de ce qu’il tiendra de Jésus et du Père (v. 13-15). Mais cette annonce ne sera pas en langage clair ! Le verbe grec, traduit par « parler » pour ce qui a trait au souffle de vérité, indique qu’il s’agira de sons inarticulés, de paroles « répercutées ». Les disciples auront donc à interpréter les paroles du Souffle de vérité, comme l’écho donne à interpréter les paroles qu’il transmet. Nous voici donc dans le fil du Premier Testament où interpréter la parole est essentiel.

Jésus propose ainsi à ses disciples – ceux qui sont avec lui ce jour-là et ceux qui le seront ensuite – une relation mystique/spirituelle avec lui au travers d’expériences sensorielles (visuelles et auditives) d’un autre ordre. Invitations à des relations à visée eschatologique, en rupture avec le quotidien, mais pourtant au service de l’humain, d’un peuple et de son histoire, telles celles vécues par les prophètes d’Israël, ou par les disciples réunis à la Pentecôte (Ac 2, 1-4). Et Jésus annonce que le cœur de ceux qui vivront cette relation se réjouira, d’une joie inaliénable (v. 22), comparable à celle d’une femme qui a enfanté. Métaphore qui fait écho, pour moi, au souffle de vie insufflé par Adonaï dans les narines d’Adam (Gn 2, 7), à l’engendrement par le souffle dont Jésus parle à Nicodème (Jn 3, 5-6).

Au début de cette dernière soirée, Jésus a invité les siens à s’agaper[3] les uns les autres : qu’ils pratiquent à son exemple un amour qui accomplit pleinement la Loi ; cet amour débarrassé de toute perversité est chemin vers l’amour-agapé (Jn 13, 34). En résonnance, ces moments fugaces où cette agapé advient ne sont-ils pas traces du soin dont Adonaï entoure l’humain (de l’Adam), signes qu’il se souvient de lui (Ps 8, 5) ?
 

Michel Menvielle

 

[1] Le changement de regard auquel Jésus invite ses disciples est exprimé à l’aide de deux verbes grecs différents, « theoreo » et « orao », tous deux traduits par « voir ».

[2] Celui qui distingue, sépare pour donner existence (Gn 1)

[3] Le grec dispose de quatre mots pour désigner des nuances de l’amour ; « agapé » est celui utilisé par Jean pour la relation de Jésus avec ses disciples

 

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