Vous êtes ici

Une décision de chacun

José Antonio PAGOLA
Croix soirée matin © dozemode @ Pixabay - Domaine public

 

Dimanche 10 novembre 2019 – 32e dimanche du temps – Lc 20, 27-38

Jésus n’a pas consacré beaucoup de temps à parler de la vie éternelle. Il n’a pas l’intention de tromper qui que ce soit en faisant des descriptions fantaisistes de la vie au-delà de la mort. Cependant, sa vie tout entière éveille l’espérance. Il vit en soulageant les souffrances et en libérant les gens de la peur. Il transmet une confiance totale en Dieu. Sa passion est de rendre la vie plus humaine et plus heureuse pour tous, tel que le veut le Père de tous.

Ce n’est que lorsqu’un groupe de Sadducéens s’approche de Jésus avec l’idée de ridiculiser la foi en la résurrection que jaillit de son cœur de croyant la conviction qui soutient et anime sa vie entière : Dieu « n’est pas un Dieu des morts mais des vivants, parce que pour lui tous sont vivants ».

Sa foi est simple. Il est vrai que nous pleurons nos êtres chers, car en mourant, nous les perdons ici-bas ; mais Jésus ne peut même pas imaginer que ces enfants que Dieu aime tant soient aussi morts pour lui. Ce n’est pas possible. Dieu partage sa vie avec eux car il les a accueillis dans son amour insondable.

Le trait le plus inquiétant de notre époque est la crise d’espérance. Nous avons perdu l’horizon d’un futur ultime et les petits espoirs de cette vie ne suffisent pas pour nous réconforter. Ce vide d’espérance engendre chez beaucoup de personnes une perte de confiance dans la vie. Rien ne vaut la peine. Il est facile alors de tomber dans le nihilisme total.

Ces temps de désespoir ne nous demandent-ils pas à tous, croyants et non-croyants, de nous poser les questions les plus radicales que nous portons dans notre cœur ? Ce Dieu dont beaucoup doutent, que beaucoup ont abandonné et que d’autres continuent de demander, n’est-il pas le fondement ultime sur lequel nous pouvons appuyer notre confiance radicale dans la vie ? Au bout de tous les chemins, au plus profond de tous nos désirs, au cœur de nos questionnements et de nos luttes, n’est-ce pas Dieu qui est là, en tant que Mystère ultime du salut que nous recherchons ?

Notre foi est en train de rester là, coincée quelque part en nous comme quelque chose de peu important, dont il ne vaut pas la peine de s’occuper en ces temps-ci. Mais est-ce comme ça ? Certes, il n’est pas facile de croire et il est difficile de ne pas croire. Entre temps, le mystère ultime de la vie nous demande une réponse lucide et responsable.

Cette réponse relève de la décision de chacun. Est-ce que je veux effacer de ma vie toute trace d’espérance au-delà de la mort comme une fausse illusion qui ne nous aide pas à vivre ? Est-ce que je veux rester ouvert au Mystère ultime de l’existence, en espérant que nous y trouverons la réponse, l’accueil et la plénitude que nous cherchons dès maintenant ?
 

José Antonio Pagola

Traducteur : Carlos Orduna

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire