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Christ est Ressuscité !

Sylvie TAMARELLE
croix et lumière
croix et lumière

 

Dimanche 12 avril 2020 Résurrection du Seigneur – Jn 20, 1-9

Ils sont trois au petit matin, ils sont trois successivement, encore dans les ténèbres nous dit le récit de Jean (20,1-9). C’est le troisième jour après la mort de Jésus. Ils n’ont pas une claire vision des événements. Ils courent tous. Affolement : le tombeau est vide.
Leur course est différente : Marie Madeleine devant le tombeau qu’elle pense profané s’élance vers ceux qui pourront l’épauler dans sa quête, qui partagent son attachement à Jésus. Pierre et Jean se précipitent vers le tombeau pour vérifier, comprendre. Alors qu’ils viennent de vivre deux jours de sidération depuis l’arrestation puis la crucifixion de Jésus, alors qu’ils ont perdu tout espoir, voilà qu’un événement les remet en mouvement. Paradoxe : c’est un tombeau vide !

Leurs trois réactions aussi sont différentes : Pierre est le premier à pénétrer dans l’excavation rocheuse où le corps de Jésus a été déposé. Il aperçoit les linges qui ont été pliés. Il reste dans la matérialité de ce qu’il voit. Il rentre dans un tombeau vide. Pierre le besogneux, le pécheur du lac de Génésareth n’est pas encore entré dans le mystère de la résurrection, lui pourtant désigné par Jésus comme celui qui guidera ses frères : « Tu es Pierre et sur ce roc, je bâtirai mon Église. » (Mt 16, 18)
Jean est le second à rentrer dans le tombeau. « Il voit et il croit. » Là où Pierre n’a vu que des linges pliés, Jean, lui, voit un signe : Jésus n’est plus lié par les entraves de la mort. Il a vaincu la mort ! Jean, « le disciple que Jésus aimait » peut-être à cause de sa jeunesse et de sa simplicité de cœur, Jean, confiant, voit la révélation dans l’instant. Christ est ressuscité ! Il rentre dans un tombeau ouvert !
Pour Marie-Madeleine, il faudra recevoir la parole du Seigneur, une parole d’affection, personnelle, pour que ses yeux s’ouvrent à la résurrection, qu’elle reconnaisse Jésus : « Rabbouni ! »

Chacun d’eux est touché différemment, chacun d’eux mettra le temps qu’il faut pour que le mystère se révèle en lui. Il en est de même pour nous aujourd’hui. La révélation se fait à un rythme donné, une densité variable, une occasion différente. Pour certains, c’est dans la confrontation aux Écritures, pour d’autres dans la prière, dans l’eucharistie, pour d’autres encore c’est dans l’action ou à l’occasion d’un témoignage autour d’eux et toujours au rythme de l’Esprit.

S’il est important en ce jour de Pâques de répéter « Christ est ressuscité », ce n’est pas pour nous en convaincre, c’est pour rendre témoignage de notre espérance, de ce qui nous avons déjà reçu. Aujourd’hui nous annonçons le cœur de notre foi : Christ a vaincu la mort !
Le confinement exceptionnel que nous vivons nous enferme, nous isole, déclenche des peurs par rapport au spectre de la mort et de la défiance les uns par rapport aux autres.
Paradoxe : en ce jour de Pâques nous sommes invités à annoncer que le Christ libère, qu’il nous promet la vie, et fait de nous des frères ! Certes nous ne pourrons pas vivre en communauté cette force de la célébration de Pâques. Mais notre foi dépasse les murs de notre confinement.
À nous, d’inventer, aujourd'hui, comment annoncer « Christ est ressuscité ! »
 

Sylvie Tamarelle

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