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Choisir d’être messager du Fils de l’homme

Michel MENVIELLE
jugement dernier
Jugement Dernier, tympan de léglise de Conques © Bibliothèque de Toulouse from Toulouse, France, No restrictions, via Wikimedia Commons


Dimanche 22 novembre 2020 – Le Christ Roi de l'Univers – Mt 25, 31-46

« Quand viendra le fils de l’homme dans sa gloire », il séparera « les bénis de son Père » à qui il dira « héritez de la royauté[1] préparée pour vous dès la fondation du monde » ; les « maudits » il les enverra vers « le feu éternel préparé pour le diviseur et ses messagers ».

La venue du Fils de l’homme est un évènement eschatologique associé à la fin des temps, certes, mais dans cette attente, c’est une spiritualité « habitée » humainement qui fait signe. Jésus nous invite à considérer que la venue du Fils de l’homme nous concerne, ici et maintenant (Mt 24, 34). Il parle au présent, car c’est dans notre histoire que ce royaume se dessine : « Venez les bénis de mon Père, héritez de la royauté… » (v. 34), « Allez loin de moi, maudits, vers le feu éternel… » (v. 41).

Les « maudits » ont servi le Seigneur sans aider les plus faibles (v. 42-43). Ils sont messagers du diviseur (v. 41), celui qui a tenté Jésus au désert. Les « bénis de mon Père », « les justes » chez Matthieu (v. 37), ont au contraire secouru concrètement des hommes confrontés au danger, corporel et social (v. 35 et 36). La royauté dont héritent les justes, ceux qui choisissent la vie, est celle du Fils de l’homme, ce « roi » (v. 34) qui siège sur le « trône de sa gloire » (v. 31).

À chacun de nous de choisir : être messager du Fils de l’homme ou messager du diviseur, aider celui qui souffre ou servir un « idéal » coupé de l’humain ? Jésus invite chacun à arbitrer, au plus intime, à partir de la transmission et du développement de la vie. Moïse n’avait-il pas invité Israël à ce discernement constant et essentiel : « la vie et la mort, je les donne en face de vous, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta semence. » (Dt 30, 19) ?

Le Fils de l’homme par ces paroles fortes prend acte de l’arbitrage des justes comme des maudits avec les conséquences qu’ils induisent. Les maudits sont loin de lui, séparés des justes. Signe que notre vie spirituelle est mortifère si elle ne se traduit pas concrètement dans nos relations humaines et sociales par l’accueil de l’autre, du frère, confronté à des épreuves parfois dévastatrices. Dans ce texte, je vois un appel à être présent à ceux qui nous entourent à l’image de Jésus avec ses disciples (Jn 13, 34) et de Jésus avec le Père. La royauté dont héritent les justes, est, ici et maintenant, dans une humanité selon Jésus et qui commence par des signes de fraternité. Accomplissement dont Jésus nous dit qu’il permet de percevoir ces moments fugaces où le Fils de l’homme, présence du divin au plus intime de chacun, est « aux portes » (Mt 24, 33) ?


Michel Menvielle


[1] Le mot grec utilisé au v. 34 a pour sens premier « royauté »

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Clément Gourand

"Le jugement dernier » du tympan de Conques ou « La Parousie » comme nous le commente Pierre Séguret dans sa relecture passionnante et très détaillée sur son site https://www.art-roman-conques.fr
Une vraie pastorale d’une actualité étonnante !

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