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Cep et sarments

José Antonio PAGOLA
Cep et sarments
Cep et sarments © Daniel Villafruela @ Wikimedia Commons (CC BY-3.0)

Dimanche 2 mai 2021 – 5e dimanche de Pâques – Jn 3, 18-24

Ne pas nous séparer de Jésus

L’image est simple et d’une grande force expressive. Jésus est la « vraie vigne », pleine de vie ; les disciples sont des « sarments » qui vivent de la sève qui leur vient de Jésus ; le Père est le « vigneron » qui prend personnellement soin de la vigne pour qu’elle porte des fruits abondants. La seule chose importante est que son projet d’un monde plus humain et plus heureux pour tous devienne réalité.

L’image met en évidence où se situe le problème. Il y a des sarments secs à travers lesquels la sève de Jésus ne circule pas. Des disciples qui ne portent pas de fruits parce que l’Esprit du Ressuscité ne coule pas dans leurs veines. Des communautés chrétiennes qui végètent, en restant déconnectées de sa personne.

C’est pourquoi Jésus fait une déclaration chargée d’intensité : « Le sarment ne peut pas porter de fruit s’il ne reste pas rattaché à la vigne » : la vie des disciples est stérile « si ceux-ci ne demeurent pas » en Jésus. Ses paroles sont catégoriques : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » La véritable racine de la crise de notre christianisme ne nous est-elle pas révélée ici ? Ce facteur interne qui en fissure les fondements plus que tout autre ?

La façon dont de nombreux chrétiens vivent leur religion, sans union vitale avec Jésus-Christ, ne subsistera pas longtemps : elle sera réduite à un folklore anachronique qui n’apportera à personne la Bonne Nouvelle de l’Évangile. L’Église ne pourra pas remplir sa mission dans le monde contemporain si ceux d’entre nous qui se disent « chrétiens » ne deviennent pas des disciples de Jésus, animés par son esprit et par sa passion pour un monde plus humain.

Être chrétien aujourd’hui exige une expérience vitale de Jésus-Christ, une connaissance intérieure de sa personne et une passion pour son projet qui n’étaient pas exigées dans la société chrétienne d’autrefois. Si nous n’apprenons pas à vivre d’un contact plus immédiat et plus passionné avec Jésus, le déclin de notre christianisme peut devenir une maladie mortelle.

Nous, les chrétiens d’aujourd’hui, vivons trop préoccupés et distraits par de nombreuses questions. Il ne peut en être autrement. Mais nous ne devons pas oublier l’essentiel. Nous sommes tous des « sarments ». Seul Jésus est « la vraie vigne ». Ce qui est décisif à ce moment est de « rester rattachés à lui » : appliquer toute notre attention à l’Évangile ; nourrir dans nos groupes, nos réseaux, communautés et paroisses le contact vivant avec lui et ne pas nous éloigner de son projet.


José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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