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Accepter une humanité imparfaite

Équipe de Pau C-F-E
mauvaises herbes
mauvaises herbes © Pierre LAÏLY @ flickr.fr - Creative Commons (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Dimanche 19 juillet 2020 – 16e dimanche du temps – Mt 13, 24-43

Qui n’a rêvé d’un monde en parfaite harmonie ? Belle utopie me direz-vous ; et pourtant, que de femmes et d’hommes au service du bien commun, pour faire reculer le mal, toujours présent.

Laissons-nous prendre tout entier dans cette parabole de l’ivraie où un homme sème de bonnes graines, et pendant la nuit, à son insu quelqu’un rajoute dans son semis de l’ivraie, herbe qui ne se reconnaît mauvaise qu’arrivée à maturité. Une histoire bien éloignée de nous me direz-vous. Et pourtant…

Nous avons tous semé des graines, au moins dans des jardinières, et nous avons attendu, arrosant de temps en temps, préservant d’un soleil trop fort, nous demandant ce qui allait en sortir. Et ça, dans les meilleurs des cas ! Ne parlons pas de ceux qui oublient leurs plantations et passent à autre chose, mais ça c’est une autre histoire.

Nous pouvons comprendre, à partir de nos petites expériences de jardinier, que semer ne suffit pas. Que même choisies avec le plus grand soin, nos graines ne seront peut-être pas toutes belles, comme sur la pochette de Jardiland. Qu’il n’y a pas que le bon vouloir de l’homme qui importe et que focaliser sur les mauvaises herbes n’empêchera rien.

De cette banale petite expérience, que pouvons-nous apprendre ?

Tout d’abord que tout ne dépend pas de nous. Qu’accepter le lâcher-prise permet bien des choses Ce qui ne veut pas dire ne rien faire non plus. Il est primordial d’agir pour faire avancer les mentalités, en toute humilité, mais en prenant sa place dans ce monde

Si Jésus refuse de se focaliser sur l’ivraie et fait confiance à la moisson future, on peut penser qu’il nous fait confiance pour trouver notre place dans ce monde, malgré ses imperfections. Oui, nous sommes capables de tenter, par tous les moyens, chacun à notre mesure, d’étouffer le mal en construisant toujours plus de beau.

Je refuse d’entendre les pharisiens d’aujourd’hui qui accusent, qui veulent isoler des frères, les enfermer dans des cases, pour pouvoir faire de l’entre-soi. Attention aux bien-pensants, bien-priants, bien-intolérants ! Nous ne savons pas ce que Dieu a semé dans le cœur de notre voisin, donc nous ne pouvons pas le juger et dire : « C’est sa faute. » Chacun de nous, sans exception, est de cette humanité imparfaite.

Vivre de l’Évangile aujourd’hui, c’est aller au-delà des dogmes et des lois, pour se laisser toucher par le cœur de l’autre afin de permettre la rencontre avec le Christ, passage obligé pour assumer notre condition de témoin.

Pour ma part, je refuse de me laisser entrainer dans cette spirale de voir le mal chez les autres, et de me dédouaner de toute critique et remise en question.

Alors, confiance ! Pas de contrôle permanent.

« Laissez-les grandir ensemble ! »


Équipe de Pau C-F-E

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